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6MC

Nei guan



Noms secondaires

Yin wei xue


(d'après Zhen jing zhi nan)

> LOCALISATION

Chamfrault :

Au milieu de la face antérieure de l’avant-bras, 2 cun au-dessus du pli antérieur du poignet.

Soulié de Morant :

Face antérieure de l’avant-bras, 3 TDD au-dessus du poignet, environ à mi-largeur, à l’angle du rebord supérieur d’une masse transverse et du rebord radial des fléchisseurs, dans un creux, côté cubital du grand palmaire (nerf médian en profondeur), 1 large TDD sous Jian shi (5MC), 1 large TDD au-dessus de Da ling (7MC).

Pékin :

1 cun au-dessous du point Jian shi (5MC), 2 cun au-dessus du premier pli de flexion du poignet.

Shanghai :

2 cun au-dessus du milieu du pli antérieur du poignet, entre petit et grand palmaires.

Duron-Borsarello :

À 2 cun du pli antérieur du poignet ; pression sensible entre les deux tendons.

Nguyen van Nghi :

2 cun au-dessus de Da ling (7MC), entre petit et grand palmaires.

Dacheng :

Entre deux tendons, à 2 cun en arrière du poignet, en face de Wai guan (5TR).

Sun Simiao :

2 cun au-dessus du pli de flexion du poignet. Selon le Waitai biyao, le point est à 5 cun au-dessus du pli de flexion.

Jiayi jing :

III-25 : « Les seize points du ministre du coeur, jueyin de main, aux membres supérieurs »
關在掌後去腕二寸
« Le [point] Nei guan (6MC) se situe en arrière de la paume à 2 pouces du poignet. »


> TECHNIQUES DE PUNCTURE

Chamfrault :

0,5 cun selon Tongren. D’après Bian Shi, les moxas sont interdits.

Pékin :

Perpendiculaire, 0,5 à 1 cun.

Shanghai :

Perpendiculaire, 0,5 à 1,5 cun.
Vers le haut, 1 à 2 cun pour les affections du tronc.
Vers le côté radial, 0,3 à 0,5 cun pour l’hypoesthésie des doigts.

Nguyen van Nghi :

Verticale, 0,5 à 1 cun ou transfixiante vers Wai guan (5TR).

Dacheng :

0,5 cun selon Tongren.

Lingshu :

LS 2 : « Les points shu des quatre membres »
刺兩關者,伸不能屈。
« Lorsqu’on puncture les deux [points] 關 guan (barrière) (Nei guan 6MC et Wai guan 5TR), le bras doit être tendu et non plié. »

Jiayi jing :

- III-25 : « Les seize points du ministre du coeur, jueyin de main, aux membres supérieurs »
刺入二分,灸五壯。
« On le puncture à 0,2 pouce de profondeur et on y fait cinq cônes de moxa ».

- V-4 : « L’art de l’acupuncture »
關者,伸不能屈。
« Lorsque l’on puncture le [point] Nei guan (6MC), [le patient] doit étendre [le coude] et ne doit pas le plier ».


> FONCTIONS

Chamfrault :

Point curieux dit « point clé », à puncturer en même temps que le point Gong sun (4Rt). Nei guan (6MC) ouvre le méridien curieux yinwei et Gong sun (4Rt) le méridien curieux chongmai.
Correspond au creux de l’estomac : première barrière. C’est le point de vaisseau secondaire à puncturer avec le point Yang chi (4TR), dans les troubles de vaisseau secondaire du méridien du Triple réchauffeur.
Point spécial pour toutes les affections de l’estomac, de la vésicule biliaire, de la rate et du coeur.

Soulié de Morant :

Répond dans Gong sun (4Rt).
Point de passage entre tous les méridiens yin et tous les méridiens yang. Tonifier fait passer dans les yin l’excès de yang (et vice versa).
Point de commande de la « chaîne des yin » yinwei.
Commencer par Nei guan pour : pertes de mémoire, pertes de mots. Troubles mentaux. Anxiété ou rires désordonnés. Épilepsie. Estomac insuffisant causant indigestion ou vomissements. Constipation atonique. Hémorroïdes. Plénitude interne. Finir par Gong sun (4Rt).
Le postérieur-frontal régularise tonus et motricité, mouvements des grands groupes musculaires, coordination des mouvements de précision :

- Son insuffisance pour l’Occident entraîne la faiblesse jusqu’à flaccidité de la moitié controlatérale du corps (l’insuffisance du striopallidum donne la rigidité) ; aussi une coordination diminuée des mouvements automatiques, maladresse des mouvements de précision.
Pour l’acupuncture, ces symptômes, associés à une grande faiblesse du pouls du postérieur-frontal, peuvent être améliorés ou supprimés dans les premiers jours de l’ictus quand il s’agit soit d’un spasme artériel supprimant l’irrigation du cerveau, soit d’un choc sans destruction.
- Son excès en Occident pourrait expliquer la transpiration immédiate des paumes (arrêtée aussi en dispersant le vague [10V]) et aussi en partie l’hypertension et l’hyperpnée par exercice.
- La force physique en Occident n’est pas mentionnée mais, en acupuncture, il est possible d’augmenter de 25 à 30% la force par l’un des trois points : Yang ling quan (34VB) qui agit sur la vitalité et la force de tous les muscles, Shou shang lian (9GI) qui agit surtout sur la force des mains, Qi hai (6VC) qui augmente la force de tous les muscles mais nettement moins que les deux précédents.
Les points agissant sur le postérieur-frontal sont : Yang ling quan (34VB), Wu shu (27VB), Tian zhu (10V), Feng chi (20VB), Nei guan (6MC)
Pour l’acupuncture, deux régions répondent à des points différents : la moitié supérieure qui contrôle les instincts primitifs (le primate) et la moitié inférieure qui agit sur la vision. La vision primaire et psychique dans l’occipital inférieur est un des éléments de la mémoire consciente et présente. Une lésion de la région psychique ne provoque pas de cécité, mais empêche de reconnaître les objets, de reconnaître correctement les distances et les formes ; elle peut même provoquer des hallucinations visuelles et l’impossibilité de lire (alexie). Un trouble du cortex de vision primaire entrave la vision des formes, couleurs et reliefs. Les points agissant sur les instincts primitifs (primate) agissent autant sur la vision. Il est cependant possible de distinguer les points agissant sur :
- Occipital supérieur (primate) : Shang lian (37E) et dans le cervelet et la protubérance : Jiu wei (15VC), Zhong feng (4F) et Yin ling quan (9Rt)
- Occipital inférieur : Wan gu (12VB), Tong zi liao (1VB), Jing ming (1V), Zan zhu (2V), Nei guan (6MC) (qui agit aussi sur temporo-pariétal et central)
- Jian shi (5MC) qui agit sur tout l’occipital et le temporo-pariétal.
En acupuncture, les lobes temporaux et pariétaux répondent toujours ensembles et en même temps à la stimulation de leurs points de commande. De plus ; ils n’ont qu’un seul pouls ; aussi sont-ils nommés ensemble « cerveau latéral ». Le pouls correspondant est le droit IV profond quart moyen inférieur.
À gauche, se trouve le siège de la mémoire consciente présente et de la mémoire semi-consciente, qu’il est possible d’évoquer avec effort. Description synthétique des fonctions analytiques décrites par l’occident qui reconnaît aussi la prédominance de la gauche pour le langage, les organes des sens et leurs fonctions physiques (vision, …) et psychiques (compréhension des perceptions et mémoires visuelle, auditive, olfactive, gustative), donc conscientes et semi-conscientes. À droite, se trouve le siège de la mémoire et des dons héréditaires totalement inconscients : la transmission des tendances, des qualités, des défauts, … La tradition des observations asiatiques et nos découvertes récentes ont démontré que les lobes temporaux et pariétaux forment un ensemble inséparable. Les points agissant sur le temporo-pariétal agissent aussi, comme il faut s’y attendre, sur les parties avoisinantes du cerveau qui sont indispensables au fonctionnement des organes des sens. Tels sont : Shao hai (3C), Nei guan (6MC), Shou shang lian (9GI), Xin hui (22VG).
Certains agissent plus spécialement sur certains centres :
- Ouïe : Er men (21TR), Ting hui (2VB), Ting gong (19IG).
- Odorat – goût : Ying xiang (20GI), Bai hui (20VG). Certains agissent nettement sur l’odorat et donc le goût : He gu (4GI) répond dans le temporal, Feng chi (20VB) agit sur sympathique et hypothalamus postérieur, Shen ting (24VG).
- Langage, parole : Ya men (15VG). Aussi les points agissant sur la moitié controlatérale du cerveau : Xin hui (22VG), Jiu wei (15VC), Tao dao (13VG), Jian shi (5MC) (agit sur temporo-pariétal et occipital).
 Agit sur coeur, vaisseaux, poumon, réchauffeur supérieur, estomac, intestins, vessie, coude, poignet, paume.

Shanghai :

Calme le coeur et l’esprit (shen).
Traite l’énergie. Calme la douleur.

Nguyen van Nghi :

Point luo du méridien d’où partent un vaisseau luo longitudinal et un vaisseau luo transversal vers le méridien SSYg/TR.
Point spécifique de toute la pathologie interne.
Point d’ouverture du méridien curieux yinwei. L’ouverture du yinwei permet de débloquer la compression énergétique au niveau du thorax et de l’estomac afin d’établir l’équilibre « haut/bas » du shangjiao  
上焦 (RS) et du zhongjiao 中焦 (RM).

Dacheng :

Le yinwei est un vaisseau qui maintient la liaison des méridiens yin. Il communique avec le point Nei guan du SJYi/MC.
Énoncé 58 : « Technique de vomification : puncturer Nei guan (6MC) à 0,9 cun de profondeur. D’abord tonifier 6 fois, ensuite disperser 3 fois. Procéder à la technique dite du « 9 renversé par Tsé Wou ». Puncturer superficiellement pour faire remonter l’énergie ; enfoncer et remuer l’aiguille en un seul mouvement et demander au malade d’effectuer des forts mouvements respiratoires ; on provoque ainsi la vomification.

Gérard Guillaume-Mach Chieu :

Purifie la chaleur. Élimine l’inquiétude. Élargit le thorax. Harmonise le qi.
Abaisse le reflux. Arrête les vomissements. Régularise l’estomac. Calme les douleurs.
Selon le Tai yi shen zhen :
Élargit le thorax et régularise le qi. Purifie et draine les trois foyers et le feu du coeur. Calme l’esprit et harmonise l’estomac.

Lingshu :

- LS 10 : « Les méridiens (經脈 jingmai) / Jiayi jing II-1 (2) : « Les douze méridiens, les luo et les branches distinctes »
手心主之別,名曰內關。去腕二寸,出於兩筋之間,循經以上,系於心包絡。心系實則心痛,虛則為頭強。取之兩筋間也 [] 凡此十五絡者,實則必見,虛則必下。視之不見,求之上下。人經不同,絡脈亦所別也。
« Le 絡 luo (別 bie)1 du ministre du coeur s’appelle Nei guan (6MC). Il sort à deux distances du poignet, entre deux tendons, pour faire un [trajet] séparé vers le shaoyang2, monte le long du méridien, fait liaison (系 xi) avec l’enveloppe du coeur et se lie (絡 luo) au système de liaison du coeur (心系 xinxi). En cas de plénitude, il y a des douleurs au coeur ; en cas de vide, on est inquiet (煩心 fanxin). On le traite entre les deux tendons […] Chacun de ces quinze luo3, en cas de plénitude, est obligatoirement visible ; en cas de vide, ils sont obligatoirement enfoncés. Quand ils ne sont pas visibles, on les cherche en avant et en aval [du point luo, car] les méridiens (經 jing) des hommes n’étant pas identiques, les vaisseaux luo sont également différents4. »
1. Ici le 絡 luò est appelé 別 bie ce qui veut dire « se séparer » ou « trajet séparé ». À ce sujet, le Lingshu zhuzheng fawei dit : « Or [ici] on ne dit pas 絡 luò mais 別 bie parce qu’au niveau de ce point [le luò] se sépare de son méridien propre pour aller au méridien voisin ».
2. La phrase « pour faire un trajet séparé vers le shaoyang » n’est pas citée dans le texte correspondant du Jiayi jing.
3. Le Lingshu zhuzheng fawei dit : « Ce chapitre (LS 10) compte quinze méridiens luo avec le changqiang du dumai et le weiyi du renmai [tandis que] le Nanjing compte quinze méridiens luo avec les luo du yangqiao et du yinqiao. [Ce dernier] ignore totalement que c’est par les vaisseaux luo que le dumai gouverne les yang et que le renmai gouverne lesyin ; c’est encore le Lingshu qui a raison. » Le Leijing écrit : « Dans ce chapitre, le luo (別 bie) de taiyin de pied s’appelle gongsun, mais il y a aussi le grand luo de la rate qui s’appelle dabao, le luo (別 bie) de yangming de pied s’appelle fenglong, mais dans [le chapitre] \"Sur la respiration et le pouls du sujet sain\" (Suwen 18), il y a aussi le grand luode l’estomac qui s’appelle xuli. Cependant, chaque méridien n’a qu’un seul luo, mais la rate et l’estomac en ont chacun deux, car la rate et l’estomac sont l’origine (本 ben) des organes et des entrailles et les douze méridiens en reçoivent tous le souffle. On compte en tout seize luo. »
4. Le 
Taisu dit : « En cas de plénitude, le sang remplit les vaisseaux, c\'est pourquoi [ils sont] obligatoirement visibles ; en cas de vide, le sang manque dans les vaisseaux, c\'est pourquoi ils s’enfoncent obligatoirement. Les vaisseaux enfoncés sont difficiles à voir, c\'est pourquoi on les cherche en amont ou en aval. L’homme est doté du souffle et du corps, aucune partie ne peut être identique [chez les sujets différents], comment serait-il possible qu’il y ait des méridiens et des luo identiques ? C\'est pourquoi il faut les chercher en amont et en aval et alors on peut les voir. »

Remarque personnelle : Ordre de citation des méridiens luo dans le Jiayi jing et le Lingshu :
P – C – MC – IG – GI – TR – V – VB – E – Rt – Rn – F – VC – VG – 21Rt 


- LS 52 : « Le souffle défensif » / Jiayi jing II-4 : « La cime et le tronc d’enracinement des douze méridiens »
手心主之本,在掌後兩筋之間二寸中,標在腋下下三寸也。
« Le tronc d’enracinement du ministre du coeur de main se situe à l’intervalle des deux tendons en arrière de la paume1 et sa cime sous l’aisselle à trois pouces2. »
1. C’est-à-dire au [point] Nei guan (6MC).
2. C’est-à-dire au [point] Tian chi (1MC).

Note personnelle : ordre de citation des troncs et des cimes
Ling shu : V – VB – Rn – F – E – Rt – IG – TR – GI – P – C – MC
Jiayi jing : V – Rn – VB – E – F – Rt – IG – TR – GI – P – C – MC

Jiayi jing :

III-25 : « Les seize points du ministre du coeur, jueyin de main, aux membres supérieurs »
關手心主絡 [] 別走少陽
« Le [point] Nei guan (6MC) est le [point] luo du ministre du coeur de main […] Un trajet se sépare vers (別走 bie zou) le shaoyang. »

Jean Marc Kespi :

Ce point luo :

- Régularise l’intérieur et l’extérieur au niveau de shou jueyin (charnière des yin).
- Résonne sur le méridien couplé shou shaoyang.
- Gouverne les moyens de contact dépendant du luo longitudinal à savoir la poitrine, le réchauffeur supérieur et la nuque.
Il est aussi utilisé unilatéralement dans les atteintes externes controlatérales du zu yangming.
Ce point est, de plus, le point clé, le point d’ouverture, du méridien curieux yinwei, méridien qui nous relie au ciel en tant qu’agent créateur, qui append les yin du corps à l’arête centrale céleste qui leur est commune et qui régente les espaces yin.

Paul Couderc :

Revue Française d\'Acupuncture n° 80 – 1994
Nei guan (6MC) : le contrôle permettant la mise à distance des sentiments qui affectent l’intérieur.
guan, la distance obtenue par contrôle des sentiments qui s’intériorisent, est un mode de passage de même que 郤 xi de Xi men (4MC) et 使 shi de Jian shi (5MC).
Le contrôle de la barrière (關 guan) est ici déterminé par la notion d’un espace intérieur organisé autour du coeur (內 nei). Ce contrôle permet en effet de mettre à distance les sentiments susceptibles, par le yang pervers qu’ils produisent, de troubler la belle ordonnance de l’intérieur (內 nei) : il maintient ainsi le yin à sa vraie place. C’est un point de passage entre méridiens yin et yang : sa tonification transforme en yin l’excès de yang et vice versa. C’est le point d’ouverture du yinwei mai, le lien qui, pictographiquement, maintient un oiseau attaché, le lien qui maintient le yin en place.

L’expédient au trouble de cette fonction de maintien du yin à sa vraie place de façon naturelle et « intérieure » sera une attitude de barrage yin, réaction d’inertie totale, survenant artificiellement et maladivement « de l’extérieur » et contrôlant difficilement l’intérieur qui est alors soumis à un yang pervers (qui ne sera pas à sa place) : quand un occupant s’installe dans un pays, c’est l’hébétude et l’inertie qui l’accueillent dans un premier temps, mais la rage est dans le coeur des vaincus. Il y a donc un tableau de vide provoqué par la présence de yin en lieu et place de l’énergie périphérique yang. Ce yin ne constitue qu’un barrage illusoire dont le yang des émotions se joue en naissant en profondeur, en lieu et place du yin, sous l’action des sentiments : cela nécessite le plus souvent une tonification de la fonction neiguan afin de rétablir le contrôle qui protégera le yin intérieur du yang pervers des sentiments. C’est aussi le fusible d’une installation électrique : « péter les plombs », c’est provoquer le vide total.
D’un point de vue clinique, le yang qui n’est pas à sa place et qui se tient au centre s’en échappe en direction du chef, comme il peut, de façon perverse et inefficace entraînant épilepsie, hystérie, hyperthyroïdie, anxiété ou rires désordonnés, insomnie ou fièvre par fatigue et vide, face rouge et teint jaune, migraines. La « plénitude » congestive (yang) de la poitrine (fièvre, glaires, suffocation, douleurs) est à disperser et va de pair avec la présentation yin/vide du patient (faiblesse, vertige, brouillard visuel, hypotension, syncope) qui elle est à tonifier ; mais un tableau de « plénitude » par inflammation des tuniques cardiaques peut s’installer (palpitations, angor, oppression, hypertension), à disperser. D’un point de vue digestif, l’estomac à digestion lente nécessite une dispersion car il est encombré de yin qui, bloquant alors une entraille, ne se trouve donc pas à sa place. Les gastralgies, le ballonnement douloureux, les spasmes diaphragmatiques par excès de la vésicule biliaire, le ventre douloureux avec plénitude de la poitrine et du coeur ou irradiation dans les hypochondres avec perception de quelque chose de dur sont par contre tonifiés pour soutenir le yin légitime qui neutralise le yang pervers. Les douleurs aiguës, les diarrhées inflammatoires, la constipation spasmodique et les hémorroïdes (tableau de vide conséquence du mauvais amarrage du yin) sont tonifiées alors que les diarrhées par faiblesse, la constipation atonique et le prolapsus rectal (plénitude interne de yin et action destructrice du yang pervers) sont dispersées. L’urine irritante et provoquant des douleurs vésico-urétrales traduit une atteinte du coeur par un yang pervers s’évacuant par l’intestin grêle et le taiyang. Les membres supérieurs peuvent être envahis par le yin/froid (paralysie, arthrite du coude ou du poignet) mais la présence du yang pervers central est responsable de paumes des mains chaudes. La transpiration est le fait du vide.
Il s’agit donc d’un mode de passage de l’énergie afin de préserver le yin agressé par le feu des sentiments qui vient frapper le centre via un contrôle de l’entrée des émotions pour maintenir les sentiments à distance qui se traduira pathologiquement par un vide global qui fait barrage par l’inertie provoquée.


> SYMPTOMATOLOGIE

Signes généraux

Chamfrault :

En tant que point luo :
- Plénitude : douleur au coeur brutale (disperser).
- Vide : raideur du cou (tonifier).

Soulié de Morant :

Vide, faiblesse, vertiges, brouillard gris devant les yeux, lassitude, paresse.
Froid ne cessant pas. Fièvre intermittente « à lui seul peut la guérir ». Fièvre de tuberculose atonique.
Insomnie par fatigue ou insomnie par vide.
En tant que point luo :
- Excès : troubles circulatoires, douleur au coeur ; poitrine contractée.
- Insuffisance : vides ; vertiges.

Pékin :

Insomnie.

Roustan :

Migraines. Syncope.

Duron-Borsarello :

Syncope.

Dacheng :

Maladies ayant pour origine le vent et la chaleur. Maladie évolutive du froid siégeant au taiyin.
Toute la pathologie interne.
En tant que point luo :
- Plénitude : douleurs précordiales brutales.
- Vide : raideur du cou.

Sun Simiao :

Teint rouge avec chaleur de la face.

Nguyen van Nghi :

Hystérie. Affolement.

Psychisme

Soulié de Morant :

Perte de mémoire des mots. Perte de décision/volonté. Anxiété.

Pékin/Roustan :

Hystérie.

Dacheng :

Manque de volonté. Anxiété.

Neurologie

Pékin/Nguyen van Nghi :

Épilepsie.

Roustan :

Épilepsie. Attaque directe du vent (中風 zhongfeng).

Duron-Borsarello :

Paralysie du membre supérieur. Hémiplégie.

Ophtalmologie

Chamfrault :

Inflammation des yeux. Congestion de sang aux yeux.

Soulié de Morant :

Congestion oculaire jusqu’à hémorragie, vue trouble.

Dacheng :

Yeux rouges.

Sun Simiao :

Amblyopie importante. Conjonctivite avec ictère. Fragilité de l’oeil au vent et au froid.

ORL

Nguyen van Nghi :

Pharyngite.

Stomatologie

Dacheng :

Ulcère bucco-lingual.

Pneumologie

Chamfrault :

Malaise et plénitude de la poitrine (très important d’après Yang).

Soulié de Morant :

Congestion pulmonaire, douleur et plénitude de la poitrine, plénitude interne de poitrine.
Toutes affections pulmonaires par vide avec glaires et fièvre.

Pékin :

Point de côté.

Roustan :

Suffocation intermittente. Douleur thoracique.

Nguyen van Nghi :

Douleur thoracique et intercostale. Toux et dyspnée.

Dacheng :

Plénitude thoracique avec douleur abdominale. Maladies intrathoraciques.

Cardiovasculaire

Chamfrault :

Douleur et malaise au coeur. Inflammation cardiaque.

Soulié de Morant :

Coeur : insuffisance (trouble par vide, faiblesse, vertige, brouillard gris, malaise). Ou myocardite ; endocardite ; péricardite. Douleur au coeur et aux côtés.
Troubles circulatoires. HTA (poignet dur).

Pékin :

Palpitations. Angine de poitrine.

Roustan :

Cardiopathie rhumatismale. Angine de poitrine. Palpitations.

Duron-Borsarello :

Affections cardiaques : agit sur la plénitude d’énergie de l'abdomen.

Nguyen van Nghi :

Palpitations.

Dacheng :

Douleur au coeur brutale (plénitude). Cardialgie.

Digestif

Chamfrault :

Douleur abdominale avec plénitude de la poitrine. Ictère.

Soulié de Morant :

Estomac insuffisant, digestion lente (disperser). Gonflement de l'estomac avec douleur (tonifier).
Vomissements par vide (disperser) ; par excès de vésicule biliaire (tonifier).
Tout trouble des intestins par vide, tonifier « guérit pour toujours » ? Douleur abdominale aiguë (tonifier). Diarrhée par faiblesse (disperser) ; diarrhée par inflammation (tonifier). Constipation atonique (disperser) ; constipation spasmodique (tonifier). Prolapsus du rectum (disperser). Hémorroïdes.

Pékin :

Vomissements. Gastralgie. Douleur de l’hypochondre. Hoquet.

Roustan :

Vomissements. Gastralgie. Spasmes du diaphragme. Prolapsus anal. Ictère.

Duron-Borsarello :

Agit sur la plénitude d’énergie de l'abdomen.

Nguyen van Nghi :

Gastralgie. Hoquet. Impression de mauvaise haleine. Nausées et vomissements.

Dacheng :

Douleurs épigastriques. Plénitude thoracique avec douleur abdominale. Douleurs ombilicales. Douleur abdominale et ballonnement. Entassement énergétique dans l’abdomen avec douleur abdominale intense.

Uro-néphrologie

Soulié de Morant :

Vessie : urine irritante, douloureuse (tonifier).

Obstétrique

Chamfrault :

Syncope après l'accouchement. Placenta qui ne descend pas.

Soulié de Morant/Dacheng :

Rétention placentaire.

Endocrinologie

Roustan :

Hyperthyroïdie.

Appareil locomoteur

Chamfrault :

Toutes les affections du bras dues au feng ou au yang.
Contracture du coude. Névralgie au bras ou au coude.

Soulié de Morant :

Tête raide. Coude antérieur : douleur ; contracture ; ou arthrite. Poignet dur, plein. Ou arthrite. Main : paume chaude. Main congestionnée ; ou douleur. Pouce : long fléchisseur. Doigts palmaires et dorsaux. Nerf médian.

Duron-Borsarello :

Douleurs violentes du coude. Chaleur de la paume des mains avec sueurs.

Dacheng :

Sensation de compression du membre supérieur et contracture. Crampes du coude.

Sun Simiao :

Chaleur et vent affectant la main.


> SYMPTOMATOLOGIE DANS LES TEXTES

Lingshu :

- LS 10 : « Les méridiens (經脈 jingmai) / Jiayi jing II-1 (2) : « Les douze méridiens, les luo et les branches distinctes »
手心主之別,名曰內關。去腕二寸,出於兩筋之間,循經以上,系於心包絡。心系實則心痛,虛則為頭強。取之兩筋間也。
« Le 絡 luo (別 bie)1 du ministre du coeur s’appelle Nei guan (6MC). Il sort à deux distances du poignet, entre deux tendons, pour faire un [trajet] séparé vers le shaoyang2, monte le long du méridien, fait liaison (系 xi) avec l’enveloppe du coeur et se lie (絡 luo) au système de liaison du coeur (心系 xinxi). En cas de plénitude, il y a des douleurs au coeur ; en cas de vide, on est inquiet (煩心 fanxin). On le traite entre les deux tendons. »
1. Ici le 絡 luo est appelé 別 bie ce qui veut dire « se séparer » ou « trajet séparé ». À ce sujet, le Lingshu zhuzheng fawei dit : « Or [ici] on ne dit pas 絡 luo mais 別 bie parce qu’au niveau de ce point [le luo] se sépare de son méridien propre pour aller au méridien voisin ».
2. La phrase « pour faire un trajet séparé vers le shaoyang » n’est pas citée dans le texte correspondant du Jiayi jing.

Note de Ming Wong : « L’acupuncture du Nei guan (6MC) faciliterait la contraction du ventricule gauche chez les cardiaques. Elle aurait peu d’incidence sur les sujets normaux ».


- LS 74 : « Discussion sur le diagnostic des maladies par la peau de la face interne de l’avant-bras »
肘後麤以下三四寸熱者,腸中有蟲。
« Lorsque la face postérieure [de l’avant-bras] est chaude trois ou quatre pouces au-dessous du coude, c’est qu’il y a des vers dans les intestins1. »
1. Le Leijing dit : « Au-dessous du coude … Lorsque l’on dit au-dessous du coude, c’est l’endroit au-dessus du [point] Nei guan (6MC) ; c’est la zone yin ; quand, dans la zone yin il y a de la chaleur, il doit y avoir des vers dans les intestins. »

Jiayi jing :

- VII-1 (3) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens »
面赤皮熱,熱病汗不出,中風熱,目赤黃,寸攣腋腫,實則心暴痛,虛則煩心,心惕惕不能動,夫智,內關主之。
« Le visage rouge et la peau chaude dans les maladies fébriles sans transpiration, la fièvre due à l’atteinte (中 zhong) par le vent, yeux rouges ou jaunes, contractures des coudes, enflure aux aisselles, douleurs soudaines au coeur en cas de plénitude ou anxiété (煩心 fanxin) en cas de vide, peur au point de ne pas pouvoir bouger, perte de l’intelligence (失智 shizhi) relèvent du [point] Nei guan (6MC). »

- IX-5 : « Chagrin (悲 bei), peur, soupirs, bouche amère, tristesse (不樂 bule) et effroi dus au pervers qui se situe dans le coeur et la vésicule biliaire et qui atteint les organes et les entrailles »
心澹澹而善驚恐,心悲內關主之(千金作曲澤)。
« Palpitations avec inquiétude, avec peur et effroi fréquents, tristesse (心悲 xinbei) relèvent du [point] Nei guan (6MC). » [Le Qianjin écrit : Qu ze (3MC)]


> OBSERVATIONS