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9MC

Zhong chong




> LOCALISATION

Chamfrault :

À l’angle unguéal externe du médius, à la distance de la largeur d’une feuille de gao de cet angle (2 mm environ).

Soulié de Morant :

Bord externe de la phalangette onglée du médius, à l’angle du rebord inférieure de la base et de l’insertion palmaire du fléchisseur, au creux.

Pékin :

Juste au milieu du bout du médius.

Shanghai :

0,1 cun en arrière de l’angle unguéal externe du majeur. Pour certains, le point se trouve à l’extrémité du majeur.

Duron-Borsarello/Nguyen van Nghi :

À 0,1 cun de l’angle unguéal du médius, côté de l’index.

Dacheng :

À l’extrémité du majeur, dans un creux, à la distance d’une feuille de ciboulette.

Sun Simiao :

Juste au milieu de l’extrémité du médius, dans une dépression, à une feuille d’allium de l’angle unguéal.

Lingshu :

LS 2 : « Les points shu des quatre membres »
中沖,手中指之端也
« [Le point] Zhong chong (9MC) [se situe] à l’extrémité du médius. »

Jiayi jing :

III-25 : « Les seize points du ministre du coeur, jueyin de main, aux membres supérieurs »
中衝者,木也。在手中指之端,去爪甲角如韭葉陷者中
« Le [point] Zhong chong (9MC) c’est le bois. Il se situe dans un creux à l’extrémité du médius de la main, distant de l’ongle1 [de la largeur] d’une feuille d’échalote (韭 jiu)2. »
1. Le commentaire de Wang Bing du Suwen chapitre 58 « Discussion sur les points d’acupuncture » (Qixue lun) précise : « du coin de l’ongle ».
2. Il s’agit d’une sorte d’échalote chinoise (Allium tuberosum rottler) aux feuilles étroites (environ 0,1 pouce).


> TECHNIQUES DE PUNCTURE

Chamfrault :

0,1 cun pour Tongren pendant 3 respirations. Moxas interdits mais, selon Mingtang, moxa une fois seulement.

Pékin/Shanghai :

Perpendiculaire, 0,1 cun ; ou piquer le point au moyen de l’aiguille triangulaire pour la saignée.

Nguyen van Nghi :

Verticale, 0,1 cun ou faire saigner.

Dacheng :

0,1 cun pour Tongren pendant 3 respirations.

Jiayi jing :

III-25 : « Les seize points du ministre du coeur, jueyin de main, aux membres supérieurs »
刺入一分,留三呼,灸一壯。
« On le puncture à 0,1 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant trois expirations. On y fait un cône de moxa. »


> FONCTIONS

Chamfrault :

Point jing (井) du méridien Maître du Coeur et point de tonification des vides de ce méridien.

Soulié de Morant :

Agit sur vaisseaux, reins (filtration), organes sexuels, renmai, aisselle, langue, joue.

Nguyen van Nghi :

Point jing (井) du méridien correspondant au mouvement « bois/foie ».
Point de tonification en cas de vide de l’énergie du Maître du Coeur.
Point de réanimation.

Gérard Guillaume-Mach Chieu :

Purifie le coeur. Élimine la chaleur. Ouvre les orifices.
Restaure la conscience. Fait revenir le yang. Sauve le qi attaqué par le reflux.

Lingshu :

LS 2 : « Les points shu des quatre membres »
心出於中沖 [] 為井木
« [Le souffle du coeur] sort au [point] Zhong chong (9MC) […] c’est le [point] jing (puits), [son élément] est le bois. »

Jiayi jing :

III-25 : « Les seize points du ministre du coeur, jueyin de main, aux membres supérieurs »
心主出中衝。中衝者,木也 [] 手心主脈之所出,為井。
« Le [méridien du] ministre du coeur sort au [point] Zhong chong (9MC). Le [point] Zhong chong (9MC) c’est le bois […] Là sort le méridien (脈 mai) ministre du coeur de main, c’est le [point] jing (puits). »

Paul Couderc :

Revue Française d\'Acupuncture n° 81 – 1994
Zhong chong : le « coup de coeur » par assaut du centre vers un objet ou vers autrui.
Après les trois images liquidiennes préservant du feu du centre les extrémités (tête et membres supérieurs) qui communiquent avec l’univers et les trois passages négociant l’énergie du centre afin de la préserver du feu des sentiments, trois aboutissements viennent couronner cette progression dont 中衝 zhongchong est l’aboutissement de charisme afin de s’attacher et de donner un sens à l’œuvre entreprise dont le trouble consiste en une fatigue refuge.

L’assaut, le jaillissement (衝 chong) est ici déterminé par la notion de centre (中 zhong). Il s’agit d’un jaillissement centrifuge, de la périphérie vers l’extérieur, d’un véritable « coup de coeur », d’un charisme qui assaille toute la personnalité d’un individu et entraîne son entourage, leur donnant un sentiment de continuité et de sécurité. Ce dynamisme centrifuge est tout à fait caractéristique des civilisations d’origine agraire, d’agriculteurs sédentaires, enracinés au sol dans des lignées et dans des traditions picturales ou monumentales : elles s’imaginent volontiers être uniques et universelles. Le hun (automate-perroquet) est leur force spirituelle, cette pré-conscience qui leur permet de rayonner de leur propre être sans être obligé de se saisir des autres, comme les civilisations de nomades, qui s’assimilent à celles qu’elles envahissent. Il en est de même de l’homme.
L’expédient pathologique qui va venir suppléer à la défaillance « intérieure » de cet assaut du centre sera, après une bouffée d’enthousiasme, le « coup de pompe » refuge qui anéantit et au cours duquel on récupère ses forces. Il peut arriver à certains de s’avancer vers l’extérieur un peu comme l’enfant bienheureux, comme une brillante « tête d’œuf » à qui tout réussi jusque-là, mais qui n’a aucune expérience de la vie ou qui n’a plus le souvenir des difficultés anciennes. Au bout d’un moment, cela ne va pas bien, on est repoussé comme cela arrive à tout le monde et on s’écroule, car la force de tenir dans un pareil désert – dans le sillage de ceux qui ont précédé ou de tracer le sillage de ceux qui suivront, c\'est-à-dire la force spirituelle du hun – manque. C’est hélas le parcours de quelques brillants « chevaux légers », à la grande agilité intellectuelle, qui allaient tout faire, tout changer et qui, ensuite, mettent un certain à se remettre d’avoir été « remerciés ». Quand ils se lancent de nouveau, tout ridés et déplumés par l’épreuve précédente, ils n’ont rien compris ni rien appris, ils ne veulent pas se souvenir de la leçon, ils rejouent un numéro d’acteur identique mais qui ne prend et leur enthousiasme devient alors un peu teigneux.
Le tableau clinique de la défaillance de zhongchong est dominé par l’épuisement chez une personne à la silhouette élancée, amaigrie, au visage osseux et ridé ; les hommes ont une nette calvitie, centrée sur le vertex. Ils sont vifs, ambitionnent beaucoup de choses, paraissent au premier abord assez coriaces et même un peu teigneux avec l’âge, mais ils ne tiennent pas le coup quand l’épreuve est trop forte ou lorsqu’ils se relâchent : c’est un peu tout ou rien. Ils ne se souviennent pas de leur dernière chute et recommencent comme au premier jour : c’est probablement ce que Soulié de Morant qualifie de « mémoire fatiguée et insuffisante ».
Quatre diagnostics différentiels se sont déjà posés à moi :
- Shao hai (3C), le potentiel juvénile, présente aussi une grande asthénie avec maigreur, angoisses, douleurs précordiales, peu d’envie de manger et de bouger, mais le tableau est dominé par le vide essentiel et le froid alors que le tonus en dents de scie de zhongchong est plus chaud avec un investissement affectif qui le rend parfois plus accrocheur malgré la faiblesse.
- Yu tang (18VC), la salle de réunion marquée du jade qui symbolise la réunion à la vertu transcendante, c\'est-à-dire l’état de prière. La tension interne peut être très importante, produisant des effets variés, mais l’abord de ces derniers patients est différent. Il s souffrent certes de troubles presque analogues, mais il se dégage de leur personne une simplicité délicate et candide qui semble précieuse et pure comme le jade et qui est facilement maltraitée par l’entourage : ils ressemblent un peu à des anges égarés sur terre, qui en souffrent, mais ils n’ont pas cette nervosité mordante et coriace, bien qu’inconstante, du trouble de zhongchong.
- Shu fu (27Rn), la gestion de l’exécution, voire Yu zhong (26Rn), le centre à bien nourrir, sont des gens maigres, fatigués et sensibles. Les grands signes permettant de distinguer ces typologies hyperprécieuses, presque diaphanes, sont le vide essentiel et l’évitement, ondoyant bien qu’innocent, typiquement shaoyin.
- Xuan ji (21VC), la perle solitaire qui brille au faîte, est plus difficile à déterminer. Il y a en effet le mordant pour arriver, le besoin même de devenir une « star » dans sa catégorie, il peut y avoir aussi engorgement thoracique gênant respiration et digestion, mais la fatigue est absente.


> SYMPTOMATOLOGIE

Signes généraux

Chamfrault :

Toutes les affections yang avec fièvre, malaise à la poitrine sans sueurs. Coup de froid avec céphalée.
Corps brûlant et paume des mains très chaude.

Soulié de Morant :

Fièvre sans sueurs ; corps brûlant comme du feu, paumes chaudes, agitation.

Pékin :

Maladies fébriles. Insolation.

Duron-Borsarello :

Très forte fièvre.

Nguyen van Nghi :

Céphalée. Vertiges.

Dacheng :

Maladie fébrile. Sensation de brûlure au corps. Maladie de la chaleur.
Lipothymie.
Maladie siégeant entre le pharynx et l’ombilic (douleur de l'oesophage, cardialgie, douleur thoracique, entassement énergétique).
Maladie évolutive du froid avec nausées et vomissements glaireux.

Sun Simiao :

Maladies chaudes avec agitation de l’esprit, mélancolie et absence de sudation.
Chaleur de la paume des mains, corps brûlant de fièvre, agitation, douleur de la base de la langue.

Psychisme

Soulié de Morant :

Mémoire faible, insuffisante.
Anxiété. Peur irraisonnée. Malaise dans la nuit ou l’obscurité.
Enfant peureux ou enfant pleurant la nuit ou dans l’obscurité.

Dacheng :

Nervosité. Inquiétude.

Sun Simiao :

Agitation de l’esprit et mélancolie au cours des maladies de la chaleur.

Neurologie

Chamfrault :

Apoplexie avec syncope, glaires qui étouffent et trismus : faire rapidement saigner ce point avec l’aiguille triangulaire, le résultat est prodigieux.
D’après un autre auteur, il faut tonifier puis disperser et, en cas d’échec, puncturer Shui gou (26VG). Les moxas sont interdits sauf en cas d’apoplexie.

Pékin :

Coma apoplectique.

Roustan :

Syncope. Coma dû à l’attaque directe du vent.

Duron-Borsarello/Dacheng :

Apoplexie (中風 zhongfeng).

Ophtalmologie

Soulié de Morant :

Yeux opposés : enfant qui ne voit pas au crépuscule.

ORL

Nguyen van Nghi :

Acouphène.

Stomatologie

Chamfrault :

Raideur et enflure de la langue.

Soulié de Morant :

Langue raide. Joue interne : enfant, ulcère phagédénique.

Duron-Borsarello :

Raideur de la langue.

Dacheng :

Raideur de la langue. Inflammation sublinguale.

Sun Simiao :

Douleur de la base de la langue au cours des maladies de la chaleur.

Lymphatiques

Soulié de Morant :

Douleur et enflure de l'aisselle (ganglions, adénite).

Pneumologie

Soulié de Morant :

Tuberculose des enfants (tonifier).

Duron-Borsarello :

Malaise à la poitrine par les sécrétions ne pouvant être expectorées (à l’aiguille triangulaire).

Dacheng :

Plénitude thoracique avec raideur de la langue.

Cardiovasculaire

Chamfrault :

Douleur au coeur avec raideur de la langue et sensation de plénitude et de malaise thoracique.
Inflammation cardiaque.

Soulié de Morant :

Douleur au coeur ; ou agitation du coeur ; ou inflammation du coeur avec plénitude. Myocardite. Endocardite. Douleur au coeur soudaine avec douleur du membre supérieur (angine de poitrine). Plénitude de la poitrine et face rouge.
Vaisseaux : HTA ou hypotension.

Duron-Borsarello/Roustan :

Angine de poitrine.

Nguyen van Nghi/Sun Simiao :

Cardialgie.

Dacheng :

Cardialgie. Douleur thoracique. Entassement énergétique. Plénitude thoracique avec raideur de la langue.

Digestif

Dacheng :

Douleur épigastrique. Douleur de l'oesophage.
Maladie évolutive du froid avec nausées et vomissements glaireux.

Uro-néphrologie

Soulié de Morant :

Reins-filtration : urine abondante (tonifier), urine insuffisante (disperser).

Appareil locomoteur

Soulié de Morant :

Membre supérieur : douleur, ne peut l’étendre ni le fléchir ; main contractée. Coude antérieur : contracture.

Dacheng/Sun Simiao :

Chaleur de la paume des mains.

Pédiatrie

Soulié de Morant :

Enfant peureux ou enfant pleurant la nuit ou dans l’obscurité.
Tuberculose des enfants (tonifier).


> SYMPTOMATOLOGIE DANS LES TEXTES

Suwen :

- SW 63 : « Discussion sur la piqûre miu (côté opposé) (miu ci lun) » / Jiayi jing V-3 : « La piqûre miu » (traduction Jiayi jing)
邪 客於手足少陰太陰足陽明之絡,此五絡皆會於耳中,上絡左角,五絡俱竭,令人身脈皆動,而形無知也,其狀若屍,或曰屍厥。刺其足大指內側爪甲上,去端如韭 葉,後刺足心,後刺足中指爪甲上各一痏,後刺手大指內側,去端如韭葉,後刺手心主,少陰銳骨之端,各一痏,立已。不已,以竹管吹其兩耳,鬄其左角之髮,方 一寸燔治,飲以美酒一杯,不能飲者,灌之,立已。
« Lorsque le pervers s’installe dans les luo des shaoyin et taiyin [une autre version dit : taiyang] de main et de pied et dans le yangming de pied qui se rencontrent tous les cinq dans l’oreille et qui en haut se lient (絡 luo) à l’angle gauche du front, et si les cinq luo sont tous épuisés, il provoque chez le patient, malgré des pulsations dans le corps, une perte complète de connaissance et le corps devient comme un cadavre ; cela s’appelle un jue cadavérique (尸厥 shijue). On puncture l’extrémité du côté interne du gros orteil distante de l’angle de l’ongle [de la largeur] d’une feuille d’échalote1, ensuite on puncture le creux de la voûte plantaire2 puis on puncture le troisième au-dessus de l’ongle*, une fois à chaque [orteil], puis on puncture le côté interne du pouce distant de l’angle de l’ongle [de la largeur] d’une feuille d’échalote3, ensuite puncturer le ministre du coeur de main**, enfin on puncture le shaoyin de main à l’extrémité de la styloïde [cubitale] une fois à chaque [main]*** et cela cesse immédiatement.
Si cela ne cesse pas, on souffle dans ses deux oreilles à travers un tube de bambou, on coupe un pouce carré de cheveux sur son angle gauche du front et on les brûle en lui faisant boire dans un verre de bon vin. S'il ne peut boire, on lui fait ingurgiter et cela cesse immédiatement. »
1. Soit le point Yin bai (1Rt).
2. Soit le point Yong quan (1Rn)
3. Soit le point Shao shang (11P)
* 45E bis (séminaire AFA novembre 2008).
**
Il s'agit du point Zhong chong (9MC). Le Jiayi jing dit : "ensuite puncturer le ministre du coeur de main, ce qui n'est pas correct" ( 後刺手心主者,非也 )
*** 7C (séminaire AFA novembre 2008).

- SW 63 : « Discussion sur la piqûre miu »
邪客於手陽明之絡,令人耳聾,時不聞音。刺手大指次指爪甲上去端如韭葉各一痏,立聞。不已,刺中指爪甲上與肉交者,立聞。其不時聞者,不可刺也。耳中生風者,亦刺之如此數,左刺右,右刺左。
Quand le xie est installé dans la liaison du vaisseau du gros intestin, causant une surdité épisodique, on fait une piqûre au-dessus de l’ongle près de son extrémité1 et l’audition revient aussitôt. Sinon, on pique au-dessus de l’ongle du médius à sa rencontre avec la chair2 et l’audition revient. Si la surdité n’est pas épisodique, ces piqûres ne sont pas indiquées3. Si un vent naît dans l’oreille, on fait les mêmes piqûres du côté opposé. »
1- Il s’agit du point Shang yang (1GI).
2- Il s’agit du point Zhong chong (9MC). Husson rajoute que le commentaire pense qu’il s’agit du point Shao chong (9C).
3- La traduction de cette phrase par Nguyen van Nghi est différente : « si, malgré ces punctures, le malade reste sourd, il ne faut pas puncturer »

Dacheng :

« Acupuncture et traitement des fièvres intermittentes de l’automne »
« L’énergie perverse peut s’installer simultanément dans le tai luo du shou et du zu shaoyin (C, Rn), du shou et du zu tai yin (P, Rt) et du zu yang ming (E). Ces cinq grands luo se réunissent dans l’oreille et se ramifient à l’angle frontal. L’épuisement de l’énergie de ces grands luo favorise la pénétration de l’énergie perverse et entraîne des troubles en chaîne des voies énergétiques du corps dont le signe essentiel est la perte de conscience appelée \"syncope cadavérique\" (état lipothymique). On puncture d’abord Yin bai (1Rt), Yong quan (1Rn), Li dui (45E) puis Shao shang (11P), Shao chong (9C)1, Shen men (7C). Le malade sera immédiatement réanimé. Si le malade n’est pas réanimé, on insuffle les deux oreilles avec un tube de bambou (pour désobstruer les grands luo) et en même temps on arrache une touffe de cheveux située à l’angle frontal de l’oreille (pour faire revenir l’énergie des grands luo situés dans l’oreille), on les calcine et on mélange la cendre avec de l’alcool que l’on fait ingurgiter au malade. Il revient aussitôt à lui. »
1. Pour certains auteurs, il s’agit de Zhong chong (9MC) et non de Shao chong (9C).

Jiayi jing :

- VII-1 (2) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / SW 61 : « Les points des eaux et des chaleurs » / LS 23 : « Maladies fébriles »
Selon Lingshu, « ce que l’on appelle les 59 punctures [sont] : sur les côtés interne et externe des deux mains, il y en a trois de chaque [côté], soit [douze] points en tout [c’est à dire Shao shang (11P), Zhong chong (9MC), Shao chong (9C) du côté interne et Shao ze (1IG), Guan chong (1TR), Chang yang (1GI) du côté externe]. Aux intervalles des cinq doigts1, il y en a un à chaque [intervalle], soit huit points en tout [c’est à dire Hou xi (3IG), Zhong zhu (3TR), San jian (3GI), Shao fu (8C)] ; il en est de même aux pieds [c’est à dire Shu gu (65V), Zu lin qi (41VB), Xian gu (43E), Tai bai (3Rt)]. [Au-dessus du front], à 1 pouce à l’intérieur des cheveux, il y en a trois de chaque [côté], soit six [points] en tout [c’est à dire Wu shu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V)]. Plus loin, à trois pouces à l’intérieur des cheveux, il y en a cinq de [chaque] côté, soit dix [points] en tout [c’est à dire Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB), Nao kong (19VB)]. En avant et en arrière de l’oreille, au-dessous de la bouche, il y en a un à chaque endroit qui, avec celui du milieu de la nuque, en fait six en tout [c’est à dire Ting hui (2VB), Wan gu (12VB), Cheng jiang (24VC), Ya men (15VG)]. Il y en a un au vertex [c’est à dire Bai hui (20VG)], un au [point] Xin hui (22VG), un à chaque bord des cheveux [selon Leijing, il s’agit de deux points : l’un au bord des cheveux en avant, c’est à dire Shen ting (24VG) et l’autre en arrière, c’est à dire Feng fu (16VG)], un au point Lian quan (23VC), deux au point Feng chi (20VB) et deux aux [points] Tian zhu (10V) ».
« Le Suwen dit : " Les 59 [points] sont les suivants : cinq points sur [chacune des] cinq lignes de la tête2 pour disperser par le haut le reflux de la chaleur de tous les yang. [Les points] Da zhui (14VG), Ying shu (1P), Que pen (12E), Bei shu (12V)* servent tous les huit à disperser la chaleur du thorax. [Les points] Qi chong (30E), San li (36E), Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E) servent tous les huit à disperser la chaleur de l’estomac. [Les points] Yun men (2P), Yu gu (15GI), Wei zhong (40V) et Sui kong (11Rn)** servent tous les huit à disperser la chaleur des quatre membres. Les cinq [points] situés des deux côtés des points shu [du dos] des cinq organes [Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi shu (49V) et Zhi shi (52V)] servent tous les dix à disperser la chaleur des cinq organes. Ces 59 [points] sont à gauche et à droite [des points importants pour guérir les maladies] fébriles." »
1. Selon le Leijing, il s’agit des points situés en arrière des articulations métacarpo-phalangiennes.
2. Le Leijing précise : « les cinq lignes de la tête indiquent les cinq trajets des méridiens, le 
dumai, les deux taiyang de pied et les deux shaoyang de pied. Les cinq points sont respectivement : Shang xing (23VG), Xin hui (22VG), Xian ding (21VG), Bai hui (20VG) et Hou ding (19VG) ; Wu chu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V), Luo que (8V) et Yu zhen (9V) ; Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB) et Nao kong (19VB) ; soit 25 points en tout. »
* 背輸 Bei shu est un nom secondaire des points 11V, 12V et 15V. Il s’agit ici du 12V.
** 髓空 Sui kong est un nom secondaire des points 11Rn et 2VG.

- VII-1 (3) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens »
熱病煩心,心悶而汗不出,掌中熱,心痛,身熱如火,浸淫煩滿,舌本痛,中衝(千金又作天)主之。
« Dans les maladies fébriles avec anxiété, oppression du coeur sans transpiration, chaleur de la paume [des mains], douleur au coeur1, corps fiévreux comme s’il était en feu, [où] l’imprégnation nocive [continue et où l’on devient encore plus] anxieux et oppressé, avec douleur à la racine de la langue relèvent du [point] Zhong chong (9MC). » [Le Qianjin dit : relève du [point] Tian liao (15TR)]
1. 心痛 xintong, douleur au coeur, peut tout aussi bien désigner une douleur précordiale qu’une douleur épigastrique située dans la région du point du coeur : Ju que (14VC).

- XII-5 : « Maladies des oreilles provoquées par l’atteinte des méridiens (脈 mai) taiyang et shaoyang de main »
耳鳴,取手中指爪甲上,左取右,右取左,先取手,後取足。
« Dans les acouphènes, on traite près de l’ongle du médius1. Pour [l’oreille] gauche on traite à droite, pour [l’oreille] droite on traite à gauche. On traite d’abord la main et ensuite le pied2. »
1. Il s’agit respectivement des points Zhong chong (9MC). Dans le texte correspondant du Taisu il y a en plus « et du troisième orteil ».
2. Le commentaire du Taisu fait remarquer que le point du médius appartient au méridien du ministre du coeur (xinshu) et que d’après le Mingtang il ne guérit pas les maladies des oreilles. De plus, il signale qu’aucun des douze méridiens ne passe au troisième orteil.

Traduction de Chamfrault : « Dans les bourdonnements d’oreilles, il faut puncturer Zhong chong (9MC) puis Da dun (1F) du côté opposé où le malade perçoit les bourdonnements. »


> OBSERVATIONS