Ombre milieu
PARTAGEONS LES POINTS
 
Ombre haut
Ombre bas
 














































 

> Résultats de la recherche

16VG

Feng fu



Noms secondaires

Xiang zhong


Cao xi 谿


She ben


Si zhen


(d'après Zhong guo zhen jiu xue tu jie ci dian)

Gui xue


Gui zhen



> LOCALISATION

Chamfrault :

Sur la ligne médiane postérieure, 1 cun au-dessus de Ya men (15VG), à 4 cun de Da zhui (14VG) donc à 1 cun de la racine des cheveux, dans la nuque. D’après les auteurs anciens, si l’on parle très vite, ce point se gonfle.

Soulié de Morant :

Nuque, ligne médiane, au rebord inférieur de la 2ème vertèbre, entre 2ème et 3ème vertèbres cervicales, 1 TDD sous Ya men (15VG), 1 TDD sous Nao hu (1VG), petit TDD en dedans de Tian zhu (10V).

Pékin/Shanghai/Nguyen van Nghi/Dacheng/Sun Simiao :

1 cun au-dessus de la ligne d’implantation des cheveux à la nuque, sur la ligne médiane, dans la dépression située à la base de la protubérance occipitale. 

Duron-Borsarello :

Dans le creux situé à l’extrémité de l’occiput. Faire pencher la tête en arrière pour repérer le point et puncturer la tête légèrement en avant.

Jiayi jing :

III-2 : « Les huit points [situés] sur la ligne médiane qui va du nez à la tête, à partir d’un pouce à l’intérieur des cheveux jusqu’au [point] Feng fu (16VG) »
風府,一名舌本,在頂上,入發際一寸,大筋宛宛中,疾言其肉立起,言休其肉立下
« Le [point] Feng fu (16VG), qui s’appelle aussi She ben, se situe à la nuque à un pouce au-dessus du bord des cheveux, dans un creux entre de grands tendons ; dès que l’on parle vite à cet endroit la chair s’élève, dès que l’on se tait la chair s’abaisse. »


> TECHNIQUES DE PUNCTURE

Chamfrault :

0,3 cun selon Tongren. Moxas interdits, ils font perdre la voix. 0,4 cun selon Mingtang.

Pékin :

Perpendiculaire, 0,5 à 0,8 cun.

Shanghai :

Perpendiculaire, 0,5 à 1 cun. Ne pas piquer trop profondément.

Nguyen van Nghi :

Verticale, 0,5 à 0,8 cun. Moxas interdits.

Dacheng :

0,3 cun selon Tongren. Interdit de cautériser sous peine de perdre la voix.
0,4 cun selon Mingtang et Suzhu.

Jiayi jing :

- III-2 : « Les huit points [situés] sur la ligne médiane qui va du nez à la tête, à partir d’un pouce à l’intérieur des cheveux jusqu’au [point] Feng fu (16VG) »
禁不可灸,灸之令人喑,刺入四分,留三呼。
« Il est interdit d’y pratiquer la moxibustion [sous peine] de rendre le patient aphone. On le puncture à 0,4 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant trois expirations. »

V-1 (2) : « Les interdictions de la puncture et de la moxibustion »
« Sont formellement interdits à la moxibustion* les [points] : Tou wei (8E), Cheng guang (6V), Nao hu (17VG), Feng fu (16VG), Yin men (15VG) [la moxibustion rend le patient muet], Xia guan (7E) […] s’il y a du cérumen (gandi) dans l’oreille, Er men (21TR) […] s’il y a du pus dans l’oreille, Ren ying (9E), Si zhu kong (23TR) [si par malheur on fait des moxas, les eux rapetissent ou bien le patient devient aveugle], Cheng qi (1E), Ji zhong (6VG) [si on fait des moxas le patient devient bossu], Bai huan shu (30V), Ru zhong (17E), Shi men (5VC) chez la femme, Qi jie (30E) [si par malheur on fait des moxas on provoque de la dyspnée], Yuan ye (22VB) [si par malheur on fait des moxas on provoque des tuméfactions phagédéniques], Jing qu (8P) [blesse l’esprit du patient], Jiu wei (15VC), Yin shi (33E), Yang guan (3VG), Tian fu (3P) [provoque un reflux respiratoire chez le patient], Fu tu (32E), Di wu hui (42VB) [provoque de la maigreur chez le patient, Qi mai (18TR). Tels sont les points interdits à la moxibustion. »
* La traduction mot à mot de C. Minsky dit : le point Tou wei (8E) est formellement interdit à la moxibustion. Le point Nao hu (17VG) est formellement interdit à la moxibustion, … Par soucis de simplicité, la formulation a été modifiée dans ce travail.


> FONCTIONS

Chamfrault/Soulié de Morant/Duron-Borsarello/Nguyen van Nghi :

Réunion avec yangwei mai et ZTYg/V.

Chamfrault :

Ce point sert à disperser l’excès de yang dans la poitrine. Dans tous les symptômes feng (se caractérisant dans la plupart des cas par une atteinte nerveuse) deux points sont très importants : 16VG et 20VG.

Soulié de Morant :

Harmonise yin et yang. Tonifie les surrénales et tous les méridiens producteurs yang.
Le point de commande que nous croyons avoir découvert pour les surrénales est Feng fu (16VG) : les surrénales (pouls droit V superficiel). Tonifiées par hypophyse, thyroïde, parathyroïdes, sympathique, moelle épinière, calcium. Dispersées par pancréas, potassium, vague. Elles tonifient hypophyse, sympathique. Dispersent pancréas, thyroïde, ovaires, vague. Leurs hormones sont : (par cortex) œstrogène, androgène ; adrénocorticale (par médullaire) ; adrénaline. Elles sont calorigènes, antitoxiques et antitoxiniques, circulatoires (excepté des coronaires et cerveau), hyperglycémiques, causent mydriase, exophtalmie. Leur usage prolongé sclérose le tissu interne des artères et l’athérome. À 1/1000 rendent les muqueuses exsangues. Elles excitent les tubules à réabsorber sel et sucre et à dominer l’absorption de potassium et urée (par adrénocorticale). Une surrénale peut être insuffisante et l’autre en excès.
Rappelons que Soulié de Morant décrit 3 points supplémentaires sur dumai à action hormonale qui sont, dans sa nomenclature :

- 13VG A (13VG ) 14VG Da zhui) : sous l’apophyse épineuse de C7. Tonifie l’hypophyse et toutes les glandes endocrines.
- 13VG B : sous l’apophyse épineuse de C6. En relation avec les parathyroïdes.
- 13VG C : sous l’apophyse épineuse de C5. Tonifie la thyroïde.
Agit sur dumai, muscles cervicaux, tous les méridiens yang, membres inférieurs ; disperse les méridiens yin.

Duron-Borsarello :

Point spécifique des attaques de feng.
Plénitude de yang attaquant la tête (disperser).

Nguyen van Nghi :

Point qui envoie des vaisseaux dans le cerveau.
Lieu de concentration de l’énergie wei (défensive). Point préférentiel de l’attaque du vent (Suwen 35).
Point faisant partie du groupe de points dits de « cavité de la moelle » (1, 15, 16, 17 et 28VG).

Gérard Guillaume-Mach Chieu :

Chasse le vent. Disperse le froid. Favorise les fonctions des articulations.
Purifie le coeur. Calme le shen.
Selon Tai yi shen zhen :
Expulse le vent. Élimine le feu.
Purifie (éveille le shen). Ouvre les orifices. Stimule le cerveau.

Suwen :

SW 60 : « Dissertation sur les trous osseux » (Traduction NvN)

髓空:在腦後三分,在顱際銳骨之下,一在齦基下;一在項後中復骨下;一在脊骨上空,在風府上。脊骨下空,在尻骨下空;數髓空,在面俠鼻;或骨空在口下,當兩肩。兩髆肩空,在髆中之陽。臂骨空,在臂陽去踝四寸兩骨空門間。股骨上空,在股陽出上膝四寸。骨空,在輔骨之上端。股際骨空,在毛中動下。尻骨空,在髀骨之後,相去四寸。
« Les "trous des moelles" sont répartis dans les régions suivantes1 : un à trois pouces en arrière du cerveau au-dessous de l’os pointu2, un sous le yinji (gencive inférieure)3, un derrière la nuque au rachis cervical4, un au-dessus de Feng fu 16VG)5, un en bas du rachis au trou inférieur du coccyx6, plusieurs à la face et près du nez7, un sous la bouche à hauteur de l’épaule8, deux à la face externe de l’épaule9, Un à la face externe de l’avant-bras à 4 pouces du poignet10, un à la face antéro-externe de la cuisse à 4 pouces au-dessus du genou11, un au condyle externe au-dessus du péroné12, un au fémur dans les poils du pubis sous l’artère13, quatre au sacrum à 4 pouces en arrière de la hanche14. Les moelles osseuses proviennent de l’action d’imprégnation réciproque de l’intérieur et de l’extérieur. Les os plats n’ont pas de cavités médullaires, mais ils possèdent des vaisseaux sanguins qui jouent le rôle d’inhibition ; c'est pourquoi ils n’ont pas de "trous des moelles" ».
1. Les « trous des moelles »portent aussi le nom de « trous osseux ». Ce sont des lieux d’un échange constant entre le xueqi (sang/énergie) de l’extérieur et le jingqi (quintessence énergétique de l’intérieur des os.
2. Il s’agit de Feng fu (16VG) situé au-dessous de la protubérance occipitale (os pointu).
3. Il s’agit de Cheng jian (24VC) au milieu du sillon mento-labial. 
Zhang Jing Yue précise : « Le milieu de la gencive supérieure est le précise : « Le milieu de la gencive supérieure est le in jiao (28VG). Par conséquent, le milieu de la gencive inférieure est le yinji, et sous le yinji se trouve le trou osseux du menton, lieu du point Cheng jian (24VC) ».
4. Il s’agit de Ya men (15VG) entre les première et deuxième vertèbres cervicales, à 0,5 pouces au-dessous de Feng fu (16VG).
5. Il s’agit de Nao hu (17VG) à 1,5 pouces de Feng fu (16VG). C’est le point de réunion/rencontre de 
zu taiyang (V) et de dumai (VG).
6. Il s’agit de Chang qiang (1VG) situé à mi-distance de la pointe du coccyx et de l’anus. C’est le point luo du dumai.
7. 
Zhang Jing Yue spécifie : « Les trous des moelles de la face sont nombreux tels Cheng qi (1E) et Ju liao (3E) du zu yangming, Jing ming (1V) du zu taiyang, Si zhu kong (23TR) dushou shaoyang, Tong zi liao (1VB) et Ting hui (2VB) du zu shaoyang et Ying xiang (20GI) du shou yangming ».
8. Il s’agit de Da ying (5E) du 
zu yangming.
9. Il s’agit de Ju gu (16GI) et de Jian yu (15GI) du 
shou yangming.
10. Il s’agit de San yang luo (8TR) à 4 pouces au-dessus du poignet. C’est le point de croisement des anastomoses énergétiques des trois 
yang.
11. Ce trou des moelles reçoit des anastomoses de Fu tu (32E) et de Yin shi (33E).
12. Il s’agit de Du bi (35E) situé sous la rotule sur le tibia, dans un creux, à l’endroit où le grand ligament prend la forme d’un museau de buffle. D’après 
Yang Chi Chou, ce point traite la gonalgie avec limitation des mouvements.
13. Il s’agit de Qi chong (30E) situé à 1 pouce au-dessous de Gui lai (29E) et à 2 pouces en dehors de la ligne médiane antérieure, sur l’artère crurale. C’est le point de réunion/rencontre de 
zu yangming et de chongmai.
14. Il s’agit de Shang liao (31V), Ci liao (32V), Zhong liao (33V) et Xia liao (34V), soit 8 points portant le nom de 
baliao.

Lingshu :

LS 2 : « Les points shu des quatre membres »
Après avoir énuméré les trajets des méridiens principaux des cinq organes et des six entrailles (le méridien du coeur n’est pas cité) dans l’ordre : P – MC – F – Rt – Rn – V – VB – E – TR – IG – GI, le texte parle des points fenêtre du ciel en ces termes :
缺盆之中,任脈也,名曰天突。一次,任脈側之動脈足陽明也,名曰人迎;二次脈,手陽明也,名曰扶突;三次脈,手太陽也,名曰天窗;四次脈,足少陽也,名曰天容五次脈,手少陽也,名曰天牖;六次脈,足太陽也,名曰天柱;七次脈,頸中央之脈,督脈也,名曰風府。腋內動脈手太陰也,名曰天府。腋下三寸手心主也,名曰天池。
« Au milieu des creux sus-claviculaires (缺盆 quepen), c’est le [méridien] renmai [où se situe] le point appelé Tian tu (22VC). Des deux côtés du renmai, sur la première rangée [verticale], là où il y a un vaisseau qui bat, c’est le [méridien] yangming de pied [où se situe] le point appelé Ren ying (9E) ; sur la deuxième rangée, c’est le [méridien] yangming de main [où se situe] le point appelé Fu tu (18GI) ; sur la troisième rangée, c’est le [méridien] taiyang de main [où se situe] le point appelé Tian chuang (16IG) ; sur la quatrième rangée, c’est le [méridien] du shaoyang de pied [où se situe] le point appelé Tian rong (17IG) ; sur la cinquième rangée, c’est le [méridien] du shaoyang de main [où se situe] le point appelé Tian you (16TR) ; sur la sixième rangée, c’est le [méridien] du taiyang de pied [où se situe] le point appelé Tian zhu (10V) ; sur la septième rangée, en plein milieu (中央 zhong yang) de la nuque, c’est le [méridien] dumai [où se situe] le point appelé Feng fu (16VG). À l’intérieur des aisselles, là où il y a un vaisseau qui bat, c’est le [méridien] taiyin
 de main [où se situe] le point appelé Tian fu (3P). Trois pouces au-dessous des aisselles, c’est le [méridien] ministre du coeur de main [où se situe] le point appelé Tian chi (1MC). »
1. Commentaire de Nguyen van Nghi : « Le Tian rong (17IG) appartenant au zu shaoyang » a été l’objet de discussion au cours des siècles. Le paragraphe décrit la localisation des points cervicaux et nucaux ». Par conséquent, nous ne pensons pas qu’il s’agisse d’une erreur d’impression car le Tian chong (9VB) est situé au crâne et non au cou. Nous penchons donc vers la thèse suivante : Avant l’époque des Tang (618-906), le Tian rong (17IG) a été classé parmi les points appartenant au zu shaoyang (VB), probablement en raison de la liaison étroite entre taiyang et shaoyang (le shaoyang étant le méridien « mi-interne et mi-externe » = « barrière »).
Commentaire de Chamfrault : « Tous ces points sont sur des méridiens qui montent graduellement vers le cou. Ils représentent l’énergie yang qui monte de la terre pour aller se relier à celle du ciel. Le renmai et le dumai prennent leur source aux reins ; ils communiquent également avec l’énergie yin et yang de l’univers. L’énergie située aux points Tian fu (3P) et Tian chi (1MC) vient du réchauffeur moyen. Ces deux méridiens, poumon et maître du coeur, régissent l’un l’énergie, l’autre le sang. Tous les points énumérés ci-dessus sont des points de communication avec l’énergie du ciel, mais leur énergie vient du bas du corps. »

- LS 33 : « Discussion sur les mers » / Jiayi jing I-8 : « Les quatre mers »
人有四海,十二經水者皆注於海。有髓海,有血海,有氣海,有水穀之海1胃者水谷之海,其輸上在氣街(衝),下至三里;衝脈者,為十二經之海,其輸上在於大杼,下出於巨虛之上下廉;膻中者,為氣之海,其輸上在於柱骨之上下,前在於人迎,腦為髓之海,其輸上在於其蓋,下在風府。
« L’homme a quatre mers. Les douze cours d’eau se déversent dans les quatre mers. Il y a la mer des moelles, la mer du sang, la mer du souffle, la mer de l’eau et des céréales1. L’estomac, c’est la mer de l’eau et des céréales, son point en haut c’est Qi jie (30E), en bas c’est San li (36E). Le chongmai, c’est la mer des douze méridiens, son point (輸 shu) en haut c’est Da zhu (11V), en bas ces points (輸 shu) sortent à Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E). Le milieu de la poitrine (膻中 tanzhong)2, c’est la mer des souffles, ses points (輸 shu) en haut sont au-dessus et au-dessous de la septième vertèbre cervicale (柱骨 zhugu)3, en avant c’est Ren ying (9E). Le cerveau, c’est la mer des moelles, son point (輸 shu) en haut se situe au vertex (蓋 gai)4, en bas c’est Feng fu (16VG). »
1. Ce passage ne provient pas du Lingshu mais du Jiayi jing.
2. C’est aussi le nom du point 17VC.
3. D’après le commentaire chinois, il s’agit des points Da zhui (14VG) et Ya men (15VG).
4. C’est le point Bai hui (20VG)

Jiayi jing :

- III-2 : « Les huit points [situés] sur la ligne médiane qui va du nez à la tête, à partir d’un pouce à l’intérieur des cheveux jusqu’au [point] Feng fu (16VG) »
督脈、陽維之會
« C’est [un point de] rencontre du dumai et du yangwei mai. »

- VII-1 (1) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / SW 31 : « Discussion sur [les maladies de] la chaleur (熱病 rebing) »
黃帝問曰夫熱病者,皆傷寒之類也,或愈或死,其死皆以六七日之間,其愈皆以十日以上者,何也?岐伯對曰太陽者,諸陽之屬也。其脈連於風府,故為諸陽主氣。
« Huangdi demanda : Les maladies de la chaleur (熱病 rebing) appartiennent toutes à la catégorie des atteintes par le froid ; certains en guérissent, d’autres en meurent. Ceux qui meurent le font dans un délai de six à sept jours, ceux qui guérissent attendent plus de dix jours, pourquoi ?
Qibo répondit : Les [méridiens] yang dépendent (屬 shu)1 du taiyang. Ce méridien (脈 mai) rejoint le [point] Feng fu (16VG)2, c’est pourquoi il régit le souffle des [méridiens] yang3. »
1. Le Leijing dit : « Le taiyang est le supérieur des six méridiens, il régit l’ensemble de la zone yang (陽分 yangfen), c’est pourquoi les [méridiens] yang en dépendent tous. Le Suwen jizhu dit : « 屬 Shu (traduit dans le texte par "dépendre") signifie "réunir". Ceci veut dire que le taiyang est celui qui réunit les yang ».
2. Le point Feng fu (16VG) est le point de rencontre du dumai, du taiyang de pied et du yangwei mai.
3. Le Taisu dit : « Les [méridiens] yang sont dumai et yangwei mai. Le dumai c’est la mer des méridiens (脈 mai) et le yangwei relie tous les méridiens (脈 mai) yang. Ils se réunissent au [point] Feng fu (16VG) et dépendent du méridien (脈 mai) taiyang, c’est pourquoi le méridien taiyang de pied régit le souffle des [méridiens] yang ».

- VII-5 : « Les trois [types] de malaria causées par la permutation du yin et du yang » / SW 35 : « Discussion sur les malarias »
其作日晏與其日早,何氣使然?曰邪氣客於風府,循膂而下,衛氣一日一夜,大會於風府,其明日日下一節,故其作也晏。此皆客於脊背,每至於風府則腠理開,腠理開則邪氣入,邪氣入則病作,以此日作稍益晏也。其出於風府日下一節,二十一日下至骨,二十二日入於脊,注於太衝之脈(素問二十一作二十五,二十五作二十六,太衝作伏膂),其氣上行,九日出於缺盆之中,其氣日高,故作日益早。其間日發者,由邪氣薄於五臟,橫連募原,其道遠,其氣深,其行遲,不能與營氣俱行,不能偕出,故間日乃作。
« [Huangdi] demanda : Quel est le souffle qui fait en sorte que les accès retardent ou avancent de jour en jour ?
[QIbo] répondit : Le souffle pervers s’installe au point Feng fu (16VG) et descend le long de la colonne vertébrale. Le souffle défensif fait une grande réunion (大會 dahui) à chaque nycthémère au [point] Feng fu (16VG), et le pervers descend chaque jour d’une vertèbre, c'est pourquoi les accès retardent1. Il en est ainsi parce que [le pervers] loge d’abord dans le dos. Chaque fois que le [souffle défensif] arrive au [point] Feng fu (16VG), les linéaments 腠理 couli s’ouvrent. Si les couli s’ouvrent, le souffle pervers pénètre et lorsqu’il pénètre, il y a accès de la maladie. C’est pour cette raison que les accès quotidiens retardent quelque peu. En sortant du [point] Feng fu (16VG), [le souffle pervers] descend d’une vertèbre par jour. Au 21ème jour, il arrive au sacrum ; au 22ème jour, il entre à l’intérieur de la colonne vertébrale et se verse dans le chōngmài (太衝之脈 tàichōng zhī mài)2. [dans le Suwen il y a 25 à la place de 21, 26 à la place de 22 et fulü à la place de taichong]. Le souffle monte pendant 9 jours et sort au milieu du creux sus-claviculaire (quepen)3. Ce souffle monte plus haut de jour en jour, c'est pourquoi les accès sont chaque jour plus tôt. Quant aux accès qui ont lieu tous les deux jours, comme le souffle pervers se presse à l’intérieur (neibo) dans les 5 organes et se lie horizontalement à la région entre la plèvre et le diaphragme, le chemin [à parcourir] est long. Ce souffle se situant profondément et sa circulation étant lente, il ne peut pas circuler avec le souffle défensif et ne peut pas sortir avec lui, c'est pourquoi il y a des accès tous les deux jours.»
1. Les commentaires du Leijing de Wang Bing, etc… expliquent que l’accès de malaria se produit lors de la rencontre du souffle défensif avec le souffle pathogène externe qui pénètre d’abord dans la région du point Feng fu (16VG) et ensuite descend le long de la colonne vertébrale à la vitesse d’une vertèbre par jour, ce qui allonge le chemin du souffle défensif avant la rencontre du souffle pervers. Un chemin exigeant un temps plus long, les accès retardent.
2. 太衝 tàichōng est un autre nom du 衝脈 chōngmài. Le texte du Suwen l’appelle fulü. D’après Wang Bing, fulü est un branche interne du méridien du rein. De la même façon, à la place de 21ème et 22ème jours, le Suwen dit : 25ème et 26ème jours. Se basant sur le nombre de vertèbres, la plupart des commentaires anciens suivent le Jiayi jing d’autant plus aisément que le Taisu donne les nombres 21 et 22.
3. D’après le commentaire de Wang Bing, cette phrase doit se lire : « sort au [point] Que pen (12E) » car ici le souffle pervers quitte le méridien du rein pour entrer dans le méridien du poumon. Cependant, le Suwen shi précise que dans ce texte quepen ne désigne pas le point de même nom (12E), mais le creux sus-claviculaire. L’édition chinoise suit cette dernière interprétation.
Remarque :
伏膂之脈 fu lü zhi mai représente le 督脈 dumai ou le 衝買 chongmai dans leur portion dorsale profonde (Grand Ricci)

- VII-5 : « Les trois [types] de malaria causées par la permutation du yin et du yang » / SW 35 : « Discussion sur les malarias »
衛氣每至於風府,腠理乃發,發則邪入,入則病作。
« Chaque fois que le souffle défensif arrive au [point] Feng fu (16VG), les couli se dilatent. S’ils se dilatent, le pervers entre et s’il entre, il y a un accès de la maladie. »

Jean Marc Kespi :

Ce point est, avec le 15VG, localisé au niveau de la barrière occipitale ; d’où les idéogrammes communs. En tant que point feng, il mobilise d’abord le yin et le yang d’une région, ici l’endocrâne ; il est de plus "spécifique des attaques de feng" endocrâniennes. Il est donc indiqué de le puncturer dans :
- Les attaques de feng pervers : "tous les genres de fièvre, grippe, céphalée et raideur du cou".
- Les stagnations de yin et/ou de yang endocrânien avec "court dans tous les sens, désire se tuer, vertiges", "tous les troubles mentaux, oculaires et auriculaires" par stagnation de yin et de yang endocrânien.

Lucien Tenenbaum :

« Écrire, parler, soigner en chinois », p. 127
« Ce dépôt des archives du vent se révèle un outil puissant sous le doigt du psychothérapeute […] qui utilise les états de conscience modifiée, le toucher de ce point faisant entrer son consultant dans les « archives » de son histoire. Comme s’il revisitait et qu’à cette occasion il puisse réexaminer les directions qui ont été prises, de façon ni délibérée ni consciente, à certains moments de sa vie. Il s’agit en général de façons de gérer les relations intrafamiliales, rendues nécessaires dans une stratégie de survie, et se révélant aliénantes par la suite. »


> SYMPTOMATOLOGIE

Signes généraux

Chamfrault :

Peur du froid, frissons avec sueurs abondantes et sensation de corps lourd.
Céphalée. Toutes les affections de la tête.

Soulié de Morant :

Toutes sortes de fièvre. Influenza, grippe (frissons, transpiration, fièvre, chaud ou froid ; maux de tête, épuisement physique).

Pékin :

Rhume. Maux de tête.

Roustan :

Grippe.

Duron-Borsarello :

Attaque de feng (point spécifique). Sueurs abondantes du cou et de la nuque.
Céphalées. Plénitude de yang attaquant la tête.

Nguyen van Nghi :

Maladies offensives (rhume, grippe, …). Céphalée.

Dacheng :

Sensation de corps lourd. Frilosité. Maladies du froid évolutif.
Céphalées. Toutes les affections de la tête.

Sun Simiao :

Vertiges.

Psychisme

Chamfrault :

Folie après un coup de froid. Court dans tous les sens, désire se tuer. Peur.

Soulié de Morant :

Tous les troubles mentaux. Désire se tuer. Marche follement, fugue.

Pékin :

Psychose.

Nguyen van Nghi/Roustan :

Maladies mentales.

Duron-Borsarello :

Bavardage morbide. Ne peut regarder une autre personne en face.

Dacheng :

Folie due au Froid évolutif (court dans tous les sens, désire se tuer et voit des démons). Hallucinations visuelles.

Sun Simiao :

Démence. Mutisme, incapacité de parler. Logorrhée. Tendances suicidaires.

Neurologie

Chamfrault :

Apoplexie. Apoplexie avec aphasie. Hémiplégie. Épilepsie. Subitement muet. Langue relâchée, ne peut parler.

Soulié de Morant :

Apoplexie. Oedème cérébral (douleur et raideur de la nuque et de l'occiput, mal de tête, vertiges). Yeux allant de droite et de gauche.
Nerf phrénique. 

Roustan :

Hypoesthésie des quatre membres. Attaque directe du vent (中風 zhongfeng).

Duron-Borsarello :

Apoplexie. Hémiplégie. Trouble de la parole.

Dacheng :

Protrusion linguale empêchant de parler. Hémiplégie.

Sun Simiao :

Convulsions. Épilepsie procursive (avec envie de courir).
Flaccidité de la langue rendant l’élocution impossible. Raideur de la langue accompagnée de difficultés d’élocution. Trismus, râle, écume.

Pékin :

Apoplexie.

Nguyen van Nghi :

Apoplexie due au Vent.

Ophtalmologie

Soulié de Morant :

Oeil même côté. Mouches volantes brunes par excès d’urée.
Yeux allant de droite et de gauche.

Dacheng :

Troubles de la vue.

Sun Simiao :

Photophobie.

ORL

Chamfrault/Soulié de Morant/Dacheng/Sun Simiao :

Épistaxis.

Chamfrault :

Angine. Enflure et douleur de la gorge. Subitement muet.

Soulié de Morant :

Tout trouble de la gorge : douleur, ou enflure, ou paralysie, ou énergie allant au coeur.
Oreille homolatérale.

Duron-Borsarello :

Maux de gorge. Surdité.

Dacheng :

Affections de la gorge. Pharyngite.

Sun Simiao :

Douleur de la gorge.
Déviation de la cloison nasale. Écoulement nasal abondant. Éruption du nez. Obstruction nasale.

Stomatologie

Chamfrault :

Langue relâchée. Ne peut parler. Odontalgie.

Soulié de Morant :

Dents ébranlées, surtout incisives. Douleur des gencives inférieures.

Dacheng :

Odontalgie.

Sun Simiao :

Flaccidité de la langue rendant l’élocution impossible. Raideur de la langue accompagnée de difficultés d’élocution.

Dermatologie

Duron-Borsarello :

Ulcération du cou.

Dacheng :

Inflammation et rougeur du cou et de la nuque.

Pneumologie

Dacheng :

Maladie chronique du vent froid : toux et oppression thoracique (+ 7P).

Sun Simiao :

Dyspnée.

Digestif

Chamfrault/Dacheng :

Ictère.

Soulié de Morant :

Acidité gastrique une heure après pâtisseries ou confitures, disperser (les surrénales en excès inhibent la production d’insuline par le pancréas et excitent le foie à transformer davantage de glycogène en sucre).

Uro-néphrologie

Dacheng :

Stase énergétique de la vessie.

Endocrinologie

Chamfrault :

Diabète sucré (disperser).

Appareil locomoteur

Chamfrault/Nguyen van Nghi :

Raideur cervicale.

Soulié de Morant :

Épaule supérieure homolatérale, douleur ou raideur, ou suite de refroidissement, ou fatigue.
Membre inférieur même côté, face postérieure. Donne une démarche plus légère.
Fesses et lombes, douleur ; faiblesse.

Roustan :

Contracture cervicale.

Dacheng :

Raideur de la nuque par atteinte du vent. Cervicalgie avec limitation des mouvements (ajouter 3IG pour dumai).

Sun Simiao :

Douleurs osseuses.
Engourdissement du pied.
Torticolis : sensation de nuque arrachée empêchant de tourner la tête à droite et à gauche.


> SYMPTOMATOLOGIE DANS LES TEXTES

Suwen :

SW 60 : « Des creux osseux »
風從外入,令人振寒汗出,頭痛、身重、惡寒。治在風府,調其陰陽,不足則補,有餘則瀉。大風頸項痛,刺風府,風府在上椎。
« Quand, venant du dehors, le vent pénètre, il fait frissonner, transpirer et rend la tête douloureuse, le corps pesant et frileux. Le traitement est au Feng fu (16VG), on régularise en suite le yin et le yang en tonifiant l’insuffisance et en dispersant le surcroît. Dans le "grand vent" où la nuque est douloureuse, on pique Feng fu (16VG) qui est au-dessus de la vertèbre supérieure … » (Le Dacheng, dans le chapitre sur le tarissement des maladies du vent, donne les mêmes indications).

Lingshu :

- LS 33 : « Discussion sur les mers » / Jiayi jing I-8 : « Les quatre mers »
人有四海,十二經水者皆注於海。。。腦為髓之海,其輸上在於其蓋,下在風府。。。髓海有餘,則輕勁多力,自過其度;髓海不足,則腦轉耳鳴,脛痠眩冒,目無所見,懈怠安 臥。
« L’homme a quatre mers. Les douze cours d’eau se déversent dans les quatre mers ... Le cerveau, c’est la mer des moelles, son point (輸 shu) en haut se situe au vertex (蓋 gai)1, en bas c’est Feng fu (16VG) ... Quand la mer des moelles est trop abondante, on se sent léger et fort outre mesure ; quand la mer des moelles est insuffisante, on a des vertiges et des acouphènes, les jambes sont courbaturées, on est étourdi et les yeux ne voient pas, on est indolent et on a envie de rester couché. »
1. C’est le point Bai hui (20VG)


- LS 79 : « Discussion sur la rosée de la fin de l’année » / Jiayi jing VII-5 : « Les trois [types] de malaria causées par la permutation du yin et du yang » / SW 35 : « Des malarias »

邪客於風府,病循膂而下,衛氣一日一夜,常 大會於風府,其明日日下一節,故其日作晏,此其先客於脊背也。故每至於風府則腠理開,腠理開則邪氣入,邪氣入則病作,此所以日作尚晏也。衛氣之行風府,日 下一節,二十一日下至尾底,二十二日入脊內,注於伏沖之脈,其行九日,出於缺盆之中,其氣上行,故其病稍益至。其內搏於五臟,橫連募原,其道遠,其氣深, 其行遲,不能日作,故次日乃蓄積而作焉。
黃帝曰:衛氣每至於風府,腠理乃發,發則邪入焉。其衛氣日下一節,則不當風府,奈何?岐伯曰:風府無常,衛氣之所應,必開其腠理,氣之所舍節,則其府也
« Le souffle pervers s’installe au [point] Feng fu (16VG) et descend le long de la colonne vertébrale. Le souffle défensif fait une grande réunion (大會 dahui) régulièrement (常 chang)1 à chaque nycthémère au [point] Feng fu (16VG), et le pervers descend chaque jour d’une vertèbre, c’est pourquoi les accès se produisent avec retard2. Il en est ainsi parce que [le pervers] loge d’abord dans le dos (脊背 jibei). Chaque fois que [le souffle défensif] arrive au [point] Feng fu, les linéaments (腠理 couli) s’ouvrent. Si les couli s’ouvrent, le souffle pervers pénètre et, lorsqu’il pénètre, il y a accès de la maladie. C’est pour cette raison que les accès quotidiens se produisent avec quelque retard. Circulant [à partir du point] Feng fu (16VG), le souffle défensif descend d’une vertèbre par jour3. Au 21e jour, il arrive au sacrum (尾骶 weidi) ; au 22e jour il entre à l’intérieur de la colonne vertébrale et se verse dans le chongmai (伏衝之脈 fuchong zhi mai)4. Le souffle monte pendant neuf jours et sort au milieu du creux sus-claviculaire (缺盆 quepen)5. Ce souffle monte plus haut de jour en jour6, c’est pourquoi les accès sont chaque jour plus tôt.
Huangdi demanda : Chaque fois que le souffle défensif arrive au [point] Feng fu (16VG), les couli [s’ouvrent] et il y a un accès. S’il y a un accès, le pervers est entré. Comme le souffle défensif descend d’une vertèbre chaque jour, [l’endroit où] surgit le souffle ne correspond [donc] plus au [point] Feng fu (16VG). Pourquoi en est-il ainsi ?
Qibo répondit : Le vent (風 feng) n’a pas de demeure (府 fu) permanente7. À l’endroit où le souffle défensif y correspond, les linéaments (腠理 couli) s’ouvrent obligatoirement ; si le souffle pervers s’y installe (舍 she), alors c’est sa demeure8. »
1. Remarque : « Régulièrement » n’est pas cité dans le texte correspondant du Jiayi jing. 常 chang signifie d’après le petit dictionnaire Ricci de la langue chinoise : « durable, constant, immuable »
2. Les commentaires du
Leijing, Wang Bing, … expliquent que l’accès de malaria se produit lors de la rencontre du souffle défensif avec le souffle pathogène externe qui pénètre d’abord dans la région du point Feng fu (16VG) et ensuite descend le long de la colonne vertébrale à une vitesse d’une vertèbre par jour, ce qui allonge le chemin du souffle défensif avant la rencontre du souffle pervers. Un chemin exigeant un temps plus long, les accès retardent.
3. Le texte correspondant du
Jiayi jing est différent : « En sortant du [point] Feng fu (16VG) [le souffle pervers] descend d’une vertèbre par jour »
4. Le texte correspondant du
Jiayi jing dit 太衝之脈 taichongzhimai et la note précise que 太衝 taichong est un autre nom du chongmai. Le texte du Suwen l’appelle 伏膂 fulü. D’après Wang Bing, 伏膂 fulü est une branche interne du méridien du rein. De la même façon, à la place de 21e et 22e jours, le Suwen dit : « 25e et 26e »jours. Se basant sur le nombre de vertèbres, la plupart des commentaires anciens suivent le Jiayi jing, d’autant plus aisément que le Taisu donne aussi les nombres 21 et 22. Une note du texte correspondant du Jiayi jing dit « dans le Suwen, il y a 25 à la place de 21, 26 à la place de 22 et 伏膂 fulü à la place de 太衝 taichong ».
5. D’après le commentaire de
Wang Bing, cette phrase doit se lire : « Sort au [point] Que pen (12E) », car ici le [souffle] pervers quitte le méridien du rein pour entrer dans le méridien du poumon. Cependant, le Suwen shi précise que, dans ce texte, quepen ne désigne pas le point de même nom (12E) mais le creux sus-claviculaire. L’édition chinoise suit cette dernière interprétation.
6. « De jour en jour » est ajouté d’après le commentaire du
Taisu.
7. On peut aussi traduire cette phrase ainsi : « La pénétration au [point] Feng fu (16VG) n’est pas constante ». Les noms des points d’acupuncture ont souvent une signification qui a trait à leur emplacement, fonction thérapeutique ou physiologique, etc.
Fengfu peut se traduire par « demeure du vent ». Comme le précise le commentaire du Suwen zhuzheng fawei, fu signifie l’endroit où quelque chose s’assemble et « n’a pas de demeure permanente » signifie qu’il n’y a pas d’endroit permanent où le vent puisse atteindre [l’homme].
8. C'est-à-dire qu’il y a un accès de la maladie.

- LS 80 : « Discussion sur le grand trouble de l’esprit » / Jiayi jing XII-4 : « Maladies oculaires provoquées par l’atteinte des méridiens (脈 mai) taiyang et yangming de pied et shaoyang de main »
五臟六腑之精氣,皆上注於目而為之精。精之窠為眼,骨之精為瞳子,筋之精為黑眼,血之精為絡,其窠氣之精為白眼,肌肉之精為約束,裹擷筋骨血氣之精,而與脈并為系。上屬於腦,後出於項中。故邪中於項,因逢其身之虛,其入深,則隨眼系以入於。入於腦則腦轉,腦轉則引目系急。目系急則目眩以轉矣。邪其精,其精所中不相比也,則精散。精散則視歧。。。
« L’essence et le souffle (精氣 jingqi) des cinq organes et des six entrailles1 montent se déverser dans les yeux pour donner la vigueur du regard (精 jing)2. L’endroit où s’accumule l’essence, ce sont les yeux. L’essence des os, c’est la pupille (黑眼 heiyan)3 ; l’essence des tendons, c’est l’iris ; l’essence du sang, ce sont les luo4. L’endroit où s’accumule l’essence du souffle, c’est le blanc des yeux (白眼 baiyan)5 ; l’essence de la chair (肌肉 jirou), ce sont les paupières (約束 yueshu)6. [Ainsi], l’essence qui enveloppe (裹擷 guoxie) les tendons, les os, le sang et le souffle s’unit aux vaisseaux (ou méridiens) et forme le système de liaison [de l’oeil]7 puis elle monte, établit une relation de dépendance avec le cerveau et, en arrière, sort au milieu de la nuque. C'est pourquoi, lorsque le pervers atteint (中 zhong) la nuque8 et, profitant du vide du corps, pénètre en profondeur, il suit les connections (系 xi) de l’oeil et pénètre dans le cerveau. S’il pénètre dans le cerveau, on ressent un vertige dans le cerveau (腦轉 naozhuan) et, s’il y a un vertige dans le cerveau, [cela provoque] une tension des connections de l’oeil. Si ces dernières sont tendues, les yeux sont éblouis et on a des vertiges. Si le pervers [atteint] la vue (精 jing), l’atteinte de la vue n’est pas la même pour chaque oeil. Alors l’essence se disperse et, si elle se disperse, elle bifurque, c'est pourquoi [on souffre] de diplopie (視 shiqi)… »
1. Jingqi peut aussi se traduire par « souffle essentiel », mais ici nous avons préféré suivre le Taisu qui précise qu’il s’agit « des liquides essentiels » et « des souffles clairs » des organes et des entrailles.
2. Selon le Leijing, 精 jing (essence) remplace 精明 jingming (vigueur du regard) et la fin de la phrase signifie : « …pour assurer la vigueur du regard ». On peut aussi le traduire par vue.
3. Ici, pupille (ordinairement 瞳子 tongzi) s’appelle 黑眼 heiyan (littéralement le noir [de l’]oeil). Le Leijing dit : « L’essence des os est gouvernée par le rein, le rein gouverne l’eau dont la couleur est le noir, c'est pourquoi le centre de la pupille set brillant et très noir. »
4. Le Leijing dit : « Les luo sont les vaisseaux sanguins. L’essence des vaisseaux sanguins est gouvernée par le coeur, dont la couleur est le rouge, c'est pourquoi les coins des yeux sont rouges. »
5. Le Leijing dit : « L’essence du souffle est gouvernée par le poumon dont [l’élément] est le métal, c’est pourquoi [le blanc des yeux] est [de couleur] blanche. »
6. Le Leijing dit : « 約束 yueshu (textuellement contenir, contenance) veut dire les paupières. Elles peuvent s’ouvrir et se fermer ; elles sont de l’essence de la chair qui est gouvernée par la rate. »
7. Pour le Leijing, ce sont les paupières qui enveloppe l’essence des tendons, des os, du sang et du souffle. Celles-ci, précise t-il, dépendent de la rate qui est sous le signe de la terre dont la fonction est de thésauriser les êtres.
8. Le Leijing dit : « Le souffle pervers atteint [le point] Feng fu (16VG), [qui se situe] entre [les points] Tian zhu (10V). »

Jiayi jing :

VII-1 (2) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / SW 61 : « Les points des eaux et des chaleurs » / LS 23 : « Maladies fébriles »
Selon Lingshu, « ce que l’on appelle les 59 punctures [sont] : sur les côtés interne et externe des deux mains, il y en a trois de chaque [côté], soit [douze] points en tout [c’est à dire Shao shang (11P), Zhong chong (9MC), Shao chong (9C) du côté interne et Shao ze (1IG), Guan chong (1TR), Chang yang (1GI) du côté externe]. Aux intervalles des cinq doigts1, il y en a un à chaque [intervalle], soit huit points en tout [c’est à dire Hou xi (3IG), Zhong zhu (3TR), San jian (3GI), Shao fu (8C)] ; il en est de même aux pieds [c’est à dire Shu gu (65V), Zu lin qi (41VB), Xian gu (43E), Tai bai (3Rt)]. [Au-dessus du front], à 1 pouce à l’intérieur des cheveux, il y en a trois de chaque [côté], soit six [points] en tout [c’est à dire Wu shu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V)]. Plus loin, à trois pouces à l’intérieur des cheveux, il y en a cinq de [chaque] côté, soit dix [points] en tout [c’est à dire Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB), Nao kong (19VB)]. En avant et en arrière de l’oreille, au-dessous de la bouche, il y en a un à chaque endroit qui, avec celui du milieu de la nuque, en fait six en tout [c’est à dire Ting hui (2VB), Wan gu (12VB), Cheng jiang (24VC), Ya men (15VG)]. Il y en a un au vertex [c’est à dire Bai hui (20VG)], un au [point] Xin hui (22VG), un à chaque bord des cheveux [selon Leijing, il s’agit de deux points : l’un au bord des cheveux en avant, c’est à dire Shen ting (24VG) et l’autre en arrière, c’est à dire Feng fu (16VG)], un au point Lian quan (23VC), deux au point Feng chi (20VB) et deux aux [points] Tian zhu (10V) ».

« Le Suwen dit : " Les 59 [points] sont les suivants : cinq points sur [chacune des] cinq lignes de la tête2 pour disperser par le haut le reflux de la chaleur de tous les yang. [Les points] Da zhui (14VG), Ying shu (1P), Que pen (12E), Bei shu (12V)* servent tous les huit à disperser la chaleur du thorax. [Les points] Qi chong (30E), San li (36E), Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E) servent tous les huit à disperser la chaleur de l’estomac. [Les points] Yun men (2P), Yu gu (15GI), Wei zhong (40V) et Sui kong (11Rn)** servent tous les huit à disperser la chaleur des quatre membres. Les cinq [points] situés des deux côtés des points shu [du dos] des cinq organes [Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi shu (49V) et Zhi shi (52V)] servent tous les dix à disperser la chaleur des cinq organes. Ces 59 [points] sont à gauche et à droite [des points importants pour guérir les maladies] fébriles." »
1. Selon le Leijing, il s’agit des points situés en arrière des articulations métacarpo-phalangiennes.
2. Le 
Leijing précise : « les cinq lignes de la tête indiquent les cinq trajets des méridiens, le dumai, les deux taiyang de pied et les deux shaoyang de pied. Les cinq points sont respectivement : Shang xing (23VG), Xin hui (22VG), Xian ding (21VG), Bai hui (20VG) et Hou ding (19VG) ; Wu chu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V), Luo que (8V) et Yu zhen (9V) ; Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB) et Nao kong (19VB) ; soit 25 points en tout. »
* 背輸 
Bei shu est un nom secondaire des points 11V, 12V et 15V. Il s’agit ici du 12V.
** 髓空 
Sui kong est un nom secondaire des points 11Rn et 2VG.

- VII-5 : « Les trois (types) de malaria causée par la permutation du yin et du yang » / SW 36 : « L’acupuncture dans les malarias »
一,刺瘧者,必先問其病之所先發者,先刺之。先頭痛及重者,先刺頭上及兩額兩肩間出血。先項背痛者,先刺之,先腰脊痛者,先刺中出血。先手臂痛者,先刺手少陰陽明十指間;先足脛酸痛者,先刺足陽明十指間出血。
« Dans la puncture contre la malaria, on se renseigne d’abord sur l’endroit où commence l’accès de la maladie et l’on puncture en premier cet endroit. Si [le patient] commence par avoir la tête douloureuse et lourde, on puncture d’abord en haut de la tête, des deux cotés du front, entre les sourcils et l’on fait saigner1. S’il commence par avoir des douleurs à la nuque et au dos, on les puncture d’abord2. S’il commence par avoir des douleurs aux vertèbres lombaires, on puncture d’abord Xi zhong (40V) et on le fait saigner. S’il commence par des douleurs aux mains et aux bras, on puncture d’abord les shaoyin et yangming de main et les dix doigts3. S’il commence par des douleurs et des courbatures aux pieds et aux jambes, on puncture d’abord le yangming4 de pied et les dix doigts que l’on fait saigner. »
1. Le Leijing dit : « En haut de la tête désigne les points Bai hui (20VG) et Shang xing (23VG) du dumai. Les deux côtés du front désignent les points Xuan lu (5VB) du shaoyang de pied. Entre les sourcils désigne le point Zan zhu (2V) du taiyang de pied ».
Remarques : Ici, NvN cite en lieu et place du 5VB et du 2V deux points hors méridien : Tai yang (9PC) et Yin trang (3PC).
La version du Dacheng dit : « les deux côtés du front » au lieu des tempes et donne Yang bai (14VB) au lieu de 5VB.
2. Remarque : Cette phrase reste imprécise. NvN et Husson la traduisent comme « il faut puncturer les points de la nuque et du dos » à savoir : Feng chi (20VB), Feng fu (16VG), Shen dao (11VG) et Da zhui (11V).
3. Le
Leijing dit : « Pour les shaoyin et yangming de main, il s’agit des points 井 jing (puits), Shao chong (9C) et Shang yang (1GI). On puncture les dix doigts en traitant aussi les points 井 jing (puits) selon les méridiens affectés par la maladie ».
4. Remarque : NvN et Husson citent Li dui (45E).

- X-1 (2) : « Les 痺 bi provoqués par le yin atteint par la maladie »
足不仁,刺風府。
« [Contre] l’insensibilité des pieds on puncture le [point] Feng fu (16VG). »

- X-2 (1) : « Le vent provoqué par le yang atteint par la maladie »
風氣循風府而上,則為腦風。入系頭則為目風眼寒,飲酒中風,則為漏風。入房汗出中風,則為風。新沐中風,則為首風。久風入中,則為腸風飧泄;而外在腠理,則為泄風。故風者,百病之長也,至其變化乃為他病,無常方,然故有風氣也。
« Si le souffle vent [pénètre par] le [point] Feng fu (16VG) et monte, il crée un vent de cerveau (腦風 naofeng). S’il pénètre et se connecte (系 xi) à la tête, il crée un vent oculaire (目風 mufeng) et [on souffre] de froid aux yeux1. Si l’on est attaqué par le vent en buvant du vin, il crée un vent de suintement (漏風 loufeng)2. Si l’on est attaqué par le vent lors d’une transpiration après des rapports sexuels, il crée un vent interne (內風 neifeng). Si l’on est attaqué par le vent juste après s’être lavé les cheveux, il crée un vent de tête (首風 shoufeng). Si le vent dure longtemps et pénètre à l’intérieur (中 zhong), il crée un vent d’intestins (腸風 changfeng) et une diarrhée avec aliments non digérés (飧泄 sunxie)3. S’il se tient à l’extérieur dans les linéaments (腠理 couli), il crée un vent d’écoulement (泄風 xiefeng). C’est pourquoi le vent, c’est le supérieur de toutes les maladies. [En pénétrant dans le corps], il provoque des transformations (變化 bianhua) et crée d’autres maladies. Il ne suit pas de règles constantes, mais [toutes les maladies] ont le souffle vent pour origine ».
1. Le Leijing dit : « Lorsque le vent pénètre par le [point] Nao hu (17VG) et se lie à la tête, il s’unit au taiyang de pied. Le méridien taiyang de pied commence au coin interne des yeux, c’est pourquoi quand le pervers veut pénétrer [dans ce méridien] il produit le vent oculaire et [on souffre] de douleur, de démangeaisons ou encore de froid aux yeux, crainte du vent et gêne [oculaire] ».
2. Wang Bing dit : « Quand la chaleur s’accumule, les linéaments (腠理 couli) s’ouvrent, on est atteint par le vent et on transpire beaucoup comme un liquide qui suinte. C’est pourquoi on dit "vent de suintement". Le classique (Suwen, chap. 46) l’appelle également "vent du vin" ».
3. Pour le Leijing, il s’agit de deux maladies distinctes : en cas de chaleur, il y a vent d’intestins avec hémorragie par l’anus ; en cas de froid, c’est la diarrhée avec des aliments non digérés. Par contre, Wang Bing pense qu’il s’agit d’une seule maladie, le vent d’intestins impliquant une diarrhée avec des aliments non digérés.


- X-2 (2) : « Le vent provoqué par le yang atteint par la maladie »
頭痛項急,不得傾倒,目眩,鼻不得喘息,舌急難言,刺風府主之。
« Les céphalées, les contractures à la nuque au point que l’on ne peut ni baisser la tête ni l’incliner sur le côté1, vertiges, vue trouble, difficulté à retrouver son souffle, contractures de la langue et difficulté de parler relèvent de la puncture du [point] Feng fu (16VG). »
1. La présente édition chinoise dit « ne peut pas se retourner ».

- XI-2 : « Folie furieuse et épilepsie provoquées par un jue yang et une grande frayeur »
狂易多言不休,及狂走欲自殺,及目妄見,刺風府。
« La folie (狂易 kuangyi) avec logorrhée incessante, [le malade] qui court comme un fou, envie de se suicider et hallucinations visuelles relève du [point] Feng fu (16VG). »

- XII-2 : « Aphonie et perte [complète] de la voix provoquées par la localisation du souffle froid dans l’épiglotte (厭 yan) »
暴喑不能言,喉嗌痛,刺風府。
« Dans l’aphonie subite avec perte [complète] de la voix et pharynx douloureux on puncture le [point] Feng fu (16VG). »


> OBSERVATIONS