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> Résultats de la recherche

1P

Zhong fu



Noms secondaires

Ying shu


Ying zhong shu


Ying shu


(d'après Jiayi jing)

Ying zhong shu


(d'après Jiayi jing)

Fei mu


(d'après Qian jin yao fang)

Fu zhong shu


(d'après Zhen jiu da quan)

> LOCALISATION

Chamfrault :

On peut localiser ce point de trois manières :
1- En partant du mamelon, horizontalement à 2 cun vers la ligne axillaire, puis verticalement à 4,8 cun au–dessus de lui.
2- En partant de la ligne médiane antérieure, du point Hua gai (20VC), en se dirigeant horizontalement vers le creux axillaire, on trouve successivement à 2 cun le point Yu zhong (26Rn), à 2 cun de celui-ci le point Ku fang (14E) et encore à 2 cun le point Zhong fu (1P) qui est donc à 6 cun de la ligne médiane antérieure.
3- Sur la ligne verticale para axillaire, à 2 cun en dehors de la ligne mamelonnaire, le point Yun men (2P) est à 1,6 cun au-dessus de lui et le point Zhou rong (20Rt) est à 1,6 cun au-dessous de lui.

Soulié de Morant :

La tradition chinoise considère Yun men comme 1P. Mais, en appuyant sur Zhong fu, c’est lui qui a réponse aussi bien dans la branche venant de Qi men (14F), dans le foie lui-même, que dans le méridien des poumons et ceux-ci. Il se situe dans un creux, à la face antérieure de l’épaule, en haut du pli axillaire antérieur, à l’aplomb de la saillie de l’apophyse coracoïde, au rebord supérieur de la 2ème côte (la première étant ici sous la clavicule), à 3 TDD au-dessus de Yun men (2P) (remarque : Soulié situe, contradictoirement à son atlas, Zhong fu à la place de Yun men et réciproquement), 3 TDD en dedans et au-dessous de Jian yu (15GI), 3 TDD en dehors de Ku fang (14E). 

Pékin :

À la partie supéro-externe de la paroi antérieure du thorax, entre la 1ère et la 2ème côte, à 6 cun de la ligne médiane du sternum.

Shanghai :

Dans le 1er espace intercostal, 1 cun sous l’extrémité externe de la clavicule. 

Duron-Borsarello :

Se localise en renversant la tête en arrière, au bord supéro-externe de la poitrine, dans le 1er espace intercostal, à 1 cun de Yun men (2P) et à 2 TDD de Ku fang
(14E). Couramment localisé au 3ème TDD au-dessus du mamelon (???).

Nguyen van Nghi :

À 6 cun de la ligne médio-sternale, à la partie externe du 1er espace intercostal, près de la clavicule, à 1,6 cun au-dessous de Yun men (2P).

Dacheng :

À 1,6 cun au-dessous de Yun men (2P), à 3 espaces intercostaux au-dessus du sein, au niveau d’une dépression où bat une artère, à 6 cun de la ligne médiane antérieure.

Sun Simiao :

Dans une dépression, 1 cun au-dessous de Yun men (2P) (à 1,6 cun selon une autre version), dans le 3ème espace intercostal au-dessus du mamelon, sur l’artère que l’on sent battre à la pression. 

Jiayi jing :

III-17 : « Les douze points qui descendent de chaque côté de la poitrine à partir du [point] Yun men (2P), situé latéralement à 2 pouces du [point] Qi hu (13E), jusqu’au [point] Shi douleur (17Rt) »
中府,肺之募也,一名膺中,在雲門下一寸,乳上三肋間陷者中,動脈應手,仰而取之。
« Le [point] Zhong fu (1P) est le [point] mu1 du poumon. On l'appelle aussi Ying zhong shu. Il se situe à un pouce au-dessous du [point] Yun men (2P). dans un creux [situé] trois espaces intercostaux au-dessus du mamelon2, [là où] l'on sent battre une artère sous la main. On le localise en position en position couchée sur le dos. »
1. Le Zhenjiu dacheng dit : « mu signifie recueillir, ce qui veut dire que le souffle du méridien s'accumule dans ce point ». Le Leijing tuyi dit : « ce [caractère] se prononce mu ; le Jutong lun (au chapitre 31 du Suwen) emploie (à sa place le caractère) mo (membrane), car le système de liaison des membranes (muxi) entre les chairs (rou) est l'endroit où s'assemble le souffle des organes, c'est pourquoi on l'appelle mu. »
2. Le Zhenjiu jingxue dit : « comme chez l'homme le mamelon se situe sous la quatrième côte, "trois espaces intercostaux" correspondent à trois côtes en comptant vers le haut à partir du mamelon ; autrement dit, en comptant de haut en bas on trouve le point sous le bord de la première côte là où la chair est molle à son côté externe ».


> TECHNIQUES DE PUNCTURE

Chamfrault/Dacheng :

0,3 cun pendant 5 respirations. 

Pékin :

0,5 à 0,7 cun, oblique vers le dehors du thorax.

Shanghai :

0,5 à 1 cun vers l’extérieur.

Nguyen van Nghi :

0,5 à 1 cun, oblique de bas en haut et légèrement en dehors.

Jiayi jing :

III-17 : « Les douze points qui descendent de chaque côté de la poitrine à partir du [point] Yun men (2P), situé latéralement à 2 pouces du [point] Qi hu (13E), jusqu’au [point] Shi douleur (17Rt) »
刺入三分,留五呼,灸五壯
« On le puncture à 0,3 pouce de profondeur et on laisse l’aiguille pendant cinq expirations. On y fait cinq cônes de moxa. » 


> FONCTIONS

Chamfrault/Duron-Borsarello/Sun Simiao :

Point mu du poumon.
Point de réunion avec le méridien zu taiyin.

Soulié de Morant :

Point héraut des poumons. Ici, l’énergie venant du foie (Qi men 14F) par une branche directe, entre dans le méridien shou taiyin.
Agit sur poumon, coeur, rate, foie, vessie, nez, gorge, yeux, peau, thorax, dos, poignet.

Nguyen van Nghi :

Point mu du méridien où se concentre l’énergie des poumons.
Point de réunion avec zu taiyin.
Point où passe l’énergie de shangjiao (réchauffeur supérieur). Celle-ci traverse le diaphragme, se répand dans le thorax, va à l’aisselle, passe au point Yun men (2P), Zhong fu (1P), puis pénètre dans le shou yangming aux points tian jing (17GI) et Fu tu (18GI) ; de là, elle va à langue et redescend vers le bas du corps par la voie de zu yangming.
Point important pour le diagnostic des troubles mentaux. Selon Lingshu 22 : « Si on appuie du doigt sur les points Zhong fu (1P), Yun men (2P), Fei shu (13V), le malade sent que l’énergie remonte, et si on appuie plus fort, il se sent soulagé. C’est donc la preuve que la perturbation de la circulation de l’énergie tend à dégénérer en folie ». Par conséquent, devant les signes avant-coureurs d’une dépression nerveuse tels que ballonnements abdominaux, borborygme, oppression thoraco-abdominale avec dyspnée, il faut puncturer ces trois points.

Dacheng :

Point mu des poumons, lieu de concentration de l’énergie du méridien.
Point de réunion-rencontre avec zu taiyin.

Gérard Guillaume-Mach Chieu :

Dissipe la chaleur du réchauffeur supérieur et régularise le qi du poumon.

Jiayi jing :

III-17 : « Les douze points qui descendent de chaque côté de la poitrine à partir du [point] Yun men (2P), situé latéralement à 2 pouces du [point] Qi hu (13E), jusqu’au [point] Shi douleur (17Rt) »
中府,肺之募也 [] 手太陰之會。
« Le [point] Zhong fu (1P) est le [point] mu1 du poumon. C’est [un point] de rencontre (會 hui) du taiyin de main et de pied. »
1. Le Zhenjiu dacheng dit : « mu signifie recueillir, ce qui veut dire que le souffle du méridien s’accumule dans ce point ». Le Leijing dit : « Ce [caractère] se prononce mu ; le Jutong lun (Suwen 31) emploie (à sa place le caractère) mo (membrane), car le système de liaison des membranes (muxi) entre les chairs (rou) est l’endroit où s’assemblent les souffles des organes, c’est pourquoi on l’appelle mu ».

Jean Marc Kespi :

« Acupuncture »
Les noms évoquent les notions de milieu, d’intérieur, d’amasser, d’approvisionnement, de poitrine et de transporter pour offrir. Ce qui convient bien à ce point mu qui régit la récolte, le ramassage de l’automne, le moment où l’homme, comme la nature, s’approvisionne à l’extérieur par la poitrine, car ce mouvement de l’automne transite par la poitrine. On sait en effet que l’abdomen est yin par rapport au thorax yang et que donc le thorax est plus voué aux échanges avec le monde extérieur quand l’abdomen est davantage le lieu des métabolismes internes. Le 1P est donc logiquement situé à la partie supérieure du thorax, zone d’échange. D’où la symptomatologie de ce point qui va nous signifier un mauvais ramassage des différents yin, à savoir à l’intérieur même de l’homme, de l’énergie yin (par rapport à l’énergie yang), des liquides (yin par rapport à l’énergie), du sang (yin par rapport au souffle) et dans ses relations avec le monde extérieur, de l’air (yin par rapport aux énergies cosmiques) et des aliments (yin par rapport à l’air). Ceci est caractéristique de la médecine chinoise : un point qui gouverne un mouvement du yin agit sur les différents yin du corps et ce dans leur constante relativité (l’air est yang par rapport aux aliments mais yin par rapport aux énergies cosmiques, …).
Il est probable enfin que le 1P nous signifie une dialectique STYi/ZTYi au niveau des larynx (STYi)/oesophage (ZTYi) et air (STYi)/aliments (ZTYi). Ce point est en effet le lieu de réunion avec zu taiyin. On peut se demander par ailleurs si l’oesophage et l’ingestion des aliments ne dépendent pas du 19 ZTYi/Rt.
On voit bien que le 1P n’est pas le point mu du poumon ; d’ailleurs cette fonction ne pourrait expliquer toute la symptomatologie de ce point, même en considérant le poumon dans ses attributs de ministre d’état. Cependant, il agit indirectement sur le poumon qui est en continuité avec la terre/automne.
Ses indications résultent de sa physiologie et il est à puncturer dans les mauvais ramassages du yin, que ce soit le yin de l’homme ou du monde extérieur.

« L’homme et ses symboles en MTC », p 66 : L’Homme dans l’univers […] Les quatre orients […] l’automne
« Cette saison symbolise à la fois la « surabondance et l’équilibre1 ». « Le Ciel se retire et se presse ; la Terre montre son éclat et resplendit ». Cet éclat (明 ming) se voit au teint du visage et dans un regard ; chez quelqu'un d’angoissé le teint est terne, le regard est voilé : « L’éclat du shen (神明 shenming) est caché ». L’automne est la saison de la paix (安 an). L’Homme est « dans la paix et la tranquillité ». Il « récolte », shou, les esprits, les shen, et « amasse les souffles », sans laisser les énergies se répandrent au dehors, se perdre à l’extérieur. L’automne est pour l’Homme le moment de revenir sur soi, vers soi. La fonction de l’automne, saison paisible et tranquille, est ainsi de recueillir, ramasser, récolter. À l’automne, comme au crépuscule, le Ciel se retire et l’Homme se retrouve seul, en paix, en équilibre. Le Ciel, le père, s’est retiré et l’Homme, tranquillement, "montre son éclat", mûr, adulte, autonome. Il récolte alors les fruits du printemps et de l’été. Pour se conformer au souffle de la saison, il doit se coucher tôt et se lever tôt. Les mouvements du qi sont ici intériorisation, disparition du jour, du yang, du soleil, apparition de la nuit, du yin.
Il est un point, le 1P, chargé chez l’être humain de la récolte "automnale". Pour l’Homme, récolter c’est, notamment, manger et respirer. Si la récolte ne se fait pas, il ne peut ni avaler (d’où des nausées, des vomissements) ni respirer (d’où la toux). Si les énergies qui sont en superficie ne peuvent être récoltées dans le tronc, "les pieds, les mains et le visage sont gonflés". Ces phénomènes illustrent concrètement comment l’automne se déroule en nous à chaque instant ».
1. Les citations proviennent du Suwen (traduction de Husson) et Assaisonner les esprits (Ricci, 1983).


> SYMPTOMATOLOGIE

Signes généraux

Chamfrault :

Fièvre dans les affections pulmonaires avec vomissements. Plénitude de la poitrine, oppression et perte d’appétit après avoir attrapé froid.

Chamfrault/Nguyen van Nghi/Sun Simiao :

Insomnie.

Soulié de Morant :

Héraut des poumons (voies respiratoires) (troubles avec froid ou dépression).
Douloureux dans les troubles de la face postérieure des poumons.
Se réveille vers 3h00 du matin (les poumons n’étant pas nourris par l’énergie du foie insuffisant).
Fièvre récurrente.

Roustan :

Hyperhidrose.

ORL

Chamfrault :

Rhinorrhée de liquide clair.
Angine avec impossibilité d’avaler.

Soulié de Morant :

Spasmes des muscles du son. Bégaiement.
Amygdalite.

Roustan :

Inflammation de la gorge. Nez bouché.

Sun Simiao :

Inflammation de la gorge, angine.

Dermatologie

Chamfrault :

Peau douloureuse. Sueurs nocturnes. Adénopathies.

Soulié de Morant :

Cheveux, peau du crâne (scalp) : tout trouble.
Joues rouges, chaudes. Capillaires congestionnés. Couperose. Enflure du visage, peau douloureuse.
Ganglions. Tumeur ganglionnaire (adénite suppurée ?).

Duron-Borsarello :

Sensibilité de la peau. Inflammation des ganglions.

Dacheng :

Peau douloureuse par atteinte du vent. Adénopathie.

Sun Simiao :

Douleurs osseuses, musculaires, épidermiques.

Pneumologie

Chamfrault :

Oppression, toux, plénitude de la poitrine accompagnée parfois de hoquet.
Affections pulmonaires
yin ou yang avec toux empêchant de se coucher et sensation d’énergie qui remonte vers le haut.

Soulié de Morant :

Toux, glaires épaisses ou liquides.
Poitrine pleine, douloureuse, poumons contractés.
Sans respiration, ne peut dormir.
Asthme. Emphysème. Tuberculose pulmonaire. Peste pulmonaire.

Pékin :

Toux, dyspnée, point de côté, tuberculose pulmonaire, …

Duron-Borsarello :

Affections pulmonaires. Asthme. Ne peut pas cracher.

Nguyen van Nghi :

Maladies du poumon, toux et dyspnée, bronchite, douleur thoracique.
Hypopnée et insomnie.

Dacheng :

Hypopnée. Oppression thoracique. Toux. Toux et expectoration glaireuse.
Contracture du système énergétique du poumon.
Atteinte des poumons par le froid-chaleur avec gêne thoracique.
Apnée et impossibilité de s’allonger.

Sun Simiao :

Bronchite. Chaud et froid dans les poumons. Insuffisance de souffle.
Douleur thoracique. Douleur thoracique et toux violente.
Dyspnée. Dyspnée et impossibilité de s’allonger. Engorgement et obstruction thoracique.
Expectoration abondante. Toux avec glaires. Toux, inversion et remontée du souffle.

Cardiovasculaire

Soulié de Morant :

Coeur : tout trouble.

Sun Simiao :

Engorgement thoracique. Douleur thoracique.

Digestif

Chamfrault :

Perte d’appétit, vomissements, sensation de plénitude abdominale (tous ces symptômes sont secondaires à des troubles pulmonaires).

Soulié de Morant :

Crises de vomissements par excès de vésicule biliaire (aliments et boissons ne descendent pas).
Gonflement abdominal.

Dacheng :

Ballonnement abdominal. Anorexie. Glaires-chaleur avec nausées et vomissements.

Sun Simiao :

Dysphagie. Froid au niveau du diaphragme. Régurgitations. Vomissements.

Uro-néphrologie

Chamfrault :

Irritation de la vessie. Ou urine à odeur fétide. Excès d’acide urique (tonifier).

Sun Simiao :

Perte d’urine.

Métabolisme

Chamfrault :

Enflure du visage par suite de feng dans les poumons. Enflure des quatre membres.

Soulié de Morant :

Enflure du visage, peau douloureuse.
Poignet, dos de mains enflés. Enflure des quatre membres.

Duron-Borsarello :

Oedème généralisé.

Dacheng :

Oedème des quatre membres. Oedème de la face (par atteinte du vent avec sueurs et douleur cutanée).

Sun Simiao :

Gonflement de la face et de l’abdomen.

Appareil locomoteur

Soulié de Morant :

Douleur de l’épaule et du dos.

Pékin/Dacheng :

Scapulo-dorsalgie.

Duron-Borsarello/Nguyen van Nghi :

Douleur de l’épaule.

Sun Simiao :

Douleurs osseuses, musculaires, épidermiques.

Psychisme

Dacheng :

Craintif, intimidé (song song 悚悚).

Endocrinologie

Dacheng :

Goitre (ying liu 癭瘤).


> SYMPTOMATOLOGIE DANS LES TEXTES

Lingshu :

- LS 9 : « Fin et commencement » / Jiayi jing V-5: « La fin et le commencement dans l’articulation de l’acupuncture »
中膺,背腧中背,肩虛者取之上
« Les points de la région pectorale (膺輸 yingshu) s’atteignent à la poitrine (膺 ying), les points de la région dorsale (背輸 beishu) s’atteignent au dos. Lorsque l’omoplate est vide, il faut la traiter en haut1. »
1. Ce texte est obscur et nous l’avons traduit littéralement. Les commentaires modernes du présent ouvrage et du texte correspondant dans le Lingshu paraphrasent la commentaire du Leijing dont voici la traduction : « les deux côtés surélevés de la poitrine s’appellent région pectorale (膺 ying). En général, lorsque l’omoplate (肩膊 jianbo) est faible et douloureuse par vide, il faut distinguer les maladies des méridiens yin et celles des méridiens yang. Les méridiens yin se situent dans la région pectorale ; c’est pourquoi, pour soigner les maladies yin, il faut traiter les points de la région pectorale (膺輸 yingshu) et on doit atteindre la poitrine (膺 ying). (Nous pensons que l’auteur emploie "atteindre" (中 zhong) au lieu de "puncturer" (刺 ci) afin d’expliquer les deux premières phrases du texte). Les méridiens yang se situent dans le dos ; c’est pourquoi, pour soigner les maladies yang, il faut traiter les points de la région dorsale (背輸 beishu) et on doit atteindre le dos. Les maladies qui se situent dans les méridiens de la main sont traitées par le haut. Le haut signifie main. Par exemple, les points Zhong fu (1P) et Yun men (2P) du tai yin de main et le point Tian chi (1MC) sont tous des points de la région pectorale. Les points Jian liao (14TR) et Tian liao (15TR) du shaoyang de main et les points Tian zong (11IG), Qu yuan (13IG) et Jian wai shu (14IG) du taiyang de main sont tous des points de la région dorsale (背輸 beishu). Tous ces points traitent les douleurs par vide des omoplates ».

LS 20 : « Les cinq pervers (五邪 wuxie) » / Jiayi jing IX-3 : « Toux avec remontée du souffle produite par le pervers qui, se situant au poumon, aux cinq organes et aux six entrailles, les rend malades »
邪在肺,則病皮膚痛,寒熱,上氣喘,汗出,欬動肩背。取之膺中外喻,背三節五臟之傍,以手疾按之,快然,乃刺之。取之缺盆中以越之。
« Si le pervers se situe dans le poumon, on souffre de douleurs à la peau, d’accès de frissons et de fièvre, de remontée du souffle avec dyspnée, de transpiration et de toux qui secoue les épaules et le dos. On traite les points (俞 shu) sur les côtés externes de la poitrine (膺中yingzhong)1 ainsi que ceux du dos à côté de la 3ème vertèbre dorsale [Fei shu-13V]. On appuie dessus et, dès que [le patient] ressent une sensation agréable, on puncture. On traite aussi au milieu du creux sus-claviculaire2 afin de dissiper (越 yue) [le pervers]. »
1. Selon le Leijing, il s’agit des points Yun men (2P) et Zhong fu (1P).
2. Ou bien on traite le point Que pen (12E). Le commentaire moderne du 
Lingshu dit qu’il s’agit du point Tian tu (22VC) qui se situe au milieu et à égale distance des deux creux sus-claviculaires. Il fait en cela probablement référence à la phrase du Lingshu 2 qui dit « au milieu des creux sus-claviculaires, c’est renmai, on l’appelle tiantu. »
Version de Chamfrault : « Si l’énergie perverse atteint les poumons, le malade ressent des douleurs à l’épiderme, des frissons ou de la fièvre, il a la sensation que son énergie assaille la partie supérieure du corps, il transpire et tousse ; dans ce cas, il faut puncturer le point Po hu (42V), situé à côté du point d’assentiment des poumons (Fei shu 13V). Il faut d’abord masser fortement Po hu avec le doigt jusqu’à ce qu’il sente un soulagement, à ce moment on le puncture, puis on puncture le point Fu tu (18GI) pour attirer l’énergie perverse au-dehors. »


- LS 22 : « Démences » / Jiayi jing VII-3 : « Apparition d’un jue chaud par dépérissement du yin et apparition d’un jue froid par dépérissement du yang »
厥逆腹脹滿,腸鳴,胸滿不得息,取之下胸二脅,咳而動手者,與背輸,以手按之,立快者是也。
« Dans les reflux jue où le ventre est ballonné avec borborygmes, sensation de plénitude au thorax, difficulté pour respirer, on traite la région de chaque côté sous la poitrine, là où l’on sent des battements sous la main quand [le malade] tousse1 et les points du dos (背輸 beishu) là où le malade ressent un soulagement immédiat quand on appuie avec les doigts ».
1. Le Leijing précise qu’il s’agit des points Zhang men (13F) et Qi men (14F).

Traduction de Chamfrault : « Dans la folie due à l’accumulation de l’énergie perverse … S’il y a perturbation de l’énergie avec ventre gonflé, borborygmes au gros intestin, poitrine gonflée avec difficulté pour respirer, il faut puncturer le point Zhong fu (1P) et Yun men (2P) sur l’artère sous-clavière. Si l’on appuie du doigt sur ces deux points et sur le point Fei shu (13V), le malade sent que l’énergie remonte et, si l’on appuie plus fort, il se sent soulagé. C’est donc bien la preuve que c’est la perturbation de circulation de l’énergie qui menace de dégénérer en folie ».
Traduction de Ming Wong : « En cas de maladie par remontée contraire de l’énergie, on observe le ballonnement abdominal, les borborygmes et l’oppression. Il faut traiter les deux côtés du thorax (points 13F et 14F). En faisant tousser le malade, les points répondent à la pression de la main. On doit encore traiter les bei shu (assentiments du dos). La pression du doigt sur les points facilité l’impression rapide de relâchement ».
Traduction de NvN : « Dans le jueni (afflux contraire) se caractérisant par les signes tels que gonflement et plénitude abdominale, borborygmes et plénitude thoracique avec difficulté pour respirer, il faut puncturer les points sous-thoraciques aux deux hypochondres1, à l’endroit où la toux répond à la pression de la main, et les points shu dorsaux (beishu) à l’endroit où le patient ressent un soulagement à l’appui des doigts ».
1. D’après Zhang Shi, il s’agit de Zhong fu (1P) et Yun men (2P). D’après NvN, il s’agit de Zhang men (13F) et Qi men (14F).

- LS 26 : « Maladies diverses » / Jiayi jing IX-4 : « Sensation de plénitude et douleurs à la poitrine et aux côtés du thorax causées par la maladie qui atteint le foie et par la stagnation du souffle défensif »
氣逆上,刺膺中陷者,與下胸動脈。
« Lorsque le souffle reflue vers le haut (氣逆上 qi nishang), on puncture le creux de la région pectorale1 et Le vaisseau battant au bas de la poitrine2. »
1. D’après le Lingshu zhuzheng fawei, il s’agit du point Ying chuang (16E) ; selon le Leijing, du point Wu i (15E). Par contre, le commentaire de la présente édition chinoise l’identifie comme le point Tan zhong (17VC).
2. Le texte correspondant du
Jiayi jing dit : « le vaisseau qui bat sous les côtes ». Pour le Taisu et le Leijing, il s’agit du point Zhong fu (1P) et, pour le Lingshu zhuzheng fawei, du point Tan zhong (17VC). Cependant, le Lingshu shi note : « Au [point] Tan zhong (17VC) il n’y a pas de vaisseau qui bat et le [point] Zhong fu (1P) ne se situe pas au bas de la poitrine ! ».

- LS 81 : « Les abcès superficiels et térébrants »
發於膺,名曰甘疽。色青,其狀如穀實**,常苦寒熱,急治之,去其寒熱,十歲死,死後出膿。
« [L’abcès qui] se développe dans la région pectorale s’appelle « abcès pectoral » (甘疽 ganju)1. De couleur bleue verte, son aspect est comme le fruit du mûrier à papier (穀實 gushi)2 ou comme le fruit de la bryone (瓜蔞 gualou)3. [Le malade] souffre souvent de frissons et de fièvre (寒熱 hanre). [Il faut] le soigner d’urgence pour éliminer les frissons et la fièvre. Si on ne le soigne pas [d’urgence], c’est la mort dans les dix ans et le pus s’écoulera après la mort4. »
1. Les commentateurs anciens s’accordent pour localiser ce type d’abcès des deux côtés de la poitrine, sur les muscles pectoraux. Le Yizong jinjian le situe au-dessous du point Zhong fu (1P), Li Gao et Li Niane le situent près du point Ying chuang (16E) et expliquent son appellation (甘疽 ganju) parce que ce point dépend du méridien de l’estomac yangming de pied qui appartient à la terre et dont la saveur est douce (甘 gan).
2. Le nom scientifique du mûrier à papier est Broussonetica papyrifera.
3. Le nom scientifique de la bryone est Trichosanthes kirilowii ou Trichosanthes uniflora.
4. Le
Lingshu jizhu dit : « Lorsque l’abcès a duré dix ans, il éclate et c’est la mort. Après la mort, le pus s’écoule. Ceci signifie qu’au où [le malade] est sur le point de mourir, le pus s’écoule et qu’ensuite [le malade] meurt ; ceci est justement le symptôme du carcinome du sein (ruai) et de l’abcès de pierre (石癰 shiyong), car les frissons et la fièvre (寒熱 hanre) [traduisent] la souffrance du souffle du jueyin et de yangming… le poison stagnant de l’organe foie et de l’entraille estomac reste dans les méridiens et les luo tout comme le poison des frissons et de la fièvre de la lymphadénite scrofuleuse (sulou) dont le tronc d’enracinement est dans l’organe et la cime dans les vaisseaux. C'est pourquoi [ce type d’abcès] n’est pas facile à dissoudre et n’éclate pas également aussitôt. Lorsque [l’abcès] dure depuis dix ans et que le souffle des organes et des entrailles est sur le point de dépérir, le souffle du poison éclate, [l’abcès] crève et [le malade] meurt. »

Jiayi jing :

- VII-1 (2) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / Suwen 61 : « Les points des eaux et des chaleurs » / Lingshu 23 : « Maladies fébriles »
Selon Lingshu, « ce que l’on appelle les 59 punctures [sont] : sur les côtés interne et externe des deux mains, il y en a trois de chaque [côté], soit [douze] points en tout [c’est à dire Shao shang (11P), Zhong chong (9MC), Shao chong (9C) du côté interne et Shao ze (1IG), Guan chong (1TR), Chang yang (1GI) du côté externe]. Aux intervalles des cinq doigts1, il y en a un à chaque [intervalle], soit huit points en tout [c’est à dire Hou xi (3IG), Zhong zhu (3TR), San jian (3GI), Shao fu (8C)] ; il en est de même aux pieds [c’est à dire Shu gu (65V), Zu lin qi (41VB), Xian gu (43E), Tai bai (3Rt)]. [Au-dessus du front], à 1 pouce à l’intérieur des cheveux, il y en a trois de chaque [côté], soit six [points] en tout [c’est à dire Wu shu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V)]. Plus loin, à trois pouces à l’intérieur des cheveux, il y en a cinq de [chaque] côté, soit dix [points] en tout [c’est à dire Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB), Nao kong (19VB)]. En avant et en arrière de l’oreille, au-dessous de la bouche, il y en a un à chaque endroit qui, avec celui du milieu de la nuque, en fait six en tout [c’est à dire Ting hui (2VB), Wan gu (12VB), Cheng jiang (24VC), Ya men (15VG)]. Il y en a un au vertex [c’est à dire Bai hui (20VG)], un au [point] Xin hui (22VG), un à chaque bord des cheveux [selon Leijing, il s’agit de deux points : l’un au bord des cheveux en avant, c’est à dire Shen ting (24VG) et l’autre en arrière, c’est à dire Feng fu (16VG)], un au point Lian quan (23VC), deux au point Feng chi (20VB) et deux aux [points] Tian zhu (10V). »
« Le Suwen dit : " Les 59 [points] sont les suivants : cinq points sur [chacune des] cinq lignes de la tête2 pour disperser par le haut le reflux de la chaleur de tous les yang. [Les points] Da zhui (14VG), Ying shu (1P), Que pen (12E), Bei shu (12V)* servent tous les huit à disperser la chaleur du thorax. [Les points] Qi chong (30E), San li (36E), Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E) servent tous les huit à disperser la chaleur de l’estomac. [Les points] Yun men (2P), Yu gu (15GI), Wei zhong (40V) et Sui kong (11Rn)** servent tous les huit à disperser la chaleur des quatre membres. Les cinq [points] situés des deux côtés des points shu [du dos] des cinq organes [Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi shu (49V) et Zhi shi (52V)] servent tous les dix à disperser la chaleur des cinq organes. Ces 59 [points] sont à gauche et à droite [des points importants pour guérir les maladies] fébriles." »
1. Selon le Leijing, il s’agit des points situés en arrière des articulations métacarpo-phalangiennes.
2. Le Leijing précise : « les cinq lignes de la tête indiquent les cinq trajets des méridiens, le du mai, les deux tai yang de pied et les deux shao yang de pied. Les cinq points sont respectivement : Shang xing (23VG), Xin hui (22VG), Xian ding (21VG), Bai hui (20VG) et Hou ding (19VG) ; Wu chu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V), Luo que (8V) et Yu zhen (9V) ; Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB) et Nao kong (19VB) ; soit 25 points en tout. »
* 背輸 Bei shu est un nom secondaire des points 11V, 12V et 15V. Il s’agit ici du 12V.
** 髓空 Sui kong est un nom secondaire des points 11Rn et 2VG.


- VIII-1 (2) : « Transmission des maladies dans les cinq organes et les accès de frissons et de fièvre »

肺系急,胸中痛,惡寒,胸滿悒悒然,善嘔膽,胸中熱,喘,逆氣,氣相追逐,多濁唾,不得息,肩背風,汗出,面腹腫,鬲中食噎,不下食,喉痺,肩息肺脹,皮膚骨,寒熱煩滿,中府主之。

« La tension (急 ji) du système pulmonaire (肺系 feixi)1 avec douleurs au milieu de la poitrine, crainte du froid, plénitude de la poitrine avec inquiétude, vomissements bilieux fréquents, chaleur au milieu de la poitrine, halètement, reflux du souffle, polypnée (氣相追逐 qi xiang zhuizhu), nombreux crachats épais, respiration difficile, [crainte du] vent aux épaules et au dos, transpiration, gonflement du visage et de l’abdomen, dysphagie (膈中食饐 ge zhong shiye), non descente des aliments, bi du larynx, dyspnée avec haussement des épaules (肩息 jianxi)2, gonflement du poumon (肺長 feizhang), peau et os douloureux, frissons et fièvre avec anxiété et oppression relèvent du [point] Zhong fu (1P). »
1. 肺系 feixi peut désigner tout l’appareil respiratoire qui est sous la dépendance du poumon ou ce qui lie le poumon aux voies respiratoires supérieures.
2. Cette dyspnée avec élévation des épaules s’accompagne de la bouche ouverte et d’une respiration sonore.


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