Ombre milieu
PARTAGEONS LES POINTS
 
Ombre haut
Ombre bas
 














































 

> Résultats de la recherche

30E

Qi chong



Noms secondaires

Qi jie



> LOCALISATION

Chamfrault :

1 cun au-dessous de Gui lai (2E), à 2 cun de la ligne médiane antérieure, dans un grand creux à côté des poils du pubis, sur l’artère fémorale dont on sent le battement. Sur une même ligne horizontale, se trouvent sur la ligne médiane le point Qu gu (2VC), à 1 cun de celui-ci sur le méridien zu shàoyīn le point Heng gu (11Rn), à 1 cun le point Qì chōng (30E), et à 2,5 cun plus loin le point Chōng mèn (12Rt).

Soulié de Morant :

Partie inférieure de l’abdomen, au croisement du rebord supérieur du pubis et du rebord interne du grand psoas, dans un creux, 1 TDD sous Gui lai (29E). Le méridien se dirige en dehors et à 2 TDD traverse Chong men (12Rt) pour aller à 4TDD au rebord externe du couturier, à Bi guan (31E), 2 TDD en dehors de Heng gu (11Rn) et environ TDD en dehors de Qu gu (2VC).

Pékin :

5 cun au-dessous de l’ombilic et 2 cun en dehors du point Qu gu (2VC).

Shanghai :

En haut et en dehors de la symphyse pubienne, 2 cun en dehors de la ligne médiane (Qu gu 2VC) et 5 cun au-dessous de Tian shu (25E).

Duron-Borsarello :

1 cun sous Gui lai (29E), à 2,5 cun de renmai, pratiquement sur le rebord pubien.

Nguyen van Nghi :

5 cun au-dessous de Tian shu (25E), 2 cun en dehors de Qu gu (2VC) et 1 cun au-dessus du pli de l’aine.

Dacheng :

1 cun au-dessous de Gui lai (29E) et 2 cun en dehors de la ligne médiane antérieure, sur l’artère fémorale.

Sun Simiao :

1 cun au-dessous de Gui lai (29E) et 1 cun au-dessous du point Shu xi "souris".

Suwen :

Sur l’artère, dans les poils (SW 60).

Jiayi jing :

III-21 : « Les vingt quatre points de l’abdomen qui [descendent] à partir du [point] Bu rong (19E), [situé] latéralement à 1,5 pouce de chaque [point] You men (21Rn), jusqu’au [point] Qì chōng (30E) »
氣衝,在歸來下,鼠鼷上一寸,動脈應手。(氣府論注云在腹臍下,橫骨兩端鼠鼷上一寸。刺禁論注云在腹下,俠臍兩傍相去四寸鼠鼷上一寸,動脈應手。骨空注云在毛際兩傍,鼠鼷上一寸)。
« Le [point] Qi chong (30E) se situe au-dessous du [point] Gui lai (29E), à un pouce au-dessus de l’aine, là où il y a une artère qui bat sous la main. » [Le commentaire de la "Discussion sur les demeures du souffle" dit : il se situe sous l’ombilic aux deux bouts de l’os du pubis, à un pouce au-dessus de l’aine. Le commentaire de la "Discussion sur les interdictions à la puncture" Suwen 52 dit : il se situe sous le ventre à quatre pouces de chaque côté de l’ombilic, à un pouce au-dessus de l’aine (鼠鼷 shuxi) où l’on sent une artère battre sous la main. Le commentaire de la "Discussion sur les creux osseux" Suwen 60 dit : il se situe des deux côtés de la frontière des poils à un pouce de l’aine].


> TECHNIQUES DE PUNCTURE

Chamfrault/Dacheng :

Tongren : « Moxas 7 fois de la grosseur d’un grain de blé, puncture interdite … Une puncture maladroite du Qi chong risque de léser l’artère fémorale et d’entraîner la formation d’un hématome pouvant comprimer la vessie avec troubles urinaires ».
Mingtang : « Puncture de 0,3 cun pendant 7 respirations, disperser dès l’arrivée de l’énergie ».

Pékin :

Perpendiculaire, 0,5 à 1 cun.

Shanghai :

Perpendiculaire, 0,5 à 1 cun ; ou oblique, 1 à 2 cun.

Nguyen van Nghi :

Verticale, 1 à 2 cun.

Jiayi jing :

- III-21 : « Les 24 points de l’abdomen qui [descendent] à partir du [point] Bu rong (19E), [situé] latéralement à 1,5 pouce de chaque [point] You men (21Rn), jusqu’au [point] Qi chong (30E) »
刺入三分,留七呼,灸三壯,灸之不幸,使人不得息。
« On puncture à 0,3 pouce de profondeur. On laisse l’aiguille pendant sept expirations. On y fait trois cônes de moxa. Si par malheur on fait des moxas on provoque de la suffocation (不得息 bu de xi)1. »
1. Cette phrase est en contradiction avec la précédente, cependant le livre V du présent ouvrage dit : « Le [point] Qi jie est formellement interdit à la moxibustion ».

- V-1 (1) : « Les interdictions de la puncture et de la moxibustion » / SW 52 : « Des interdits en acupuncture »
刺氣街中脈血不出為腫*。
« Si en puncturant le [point ] Qi jie (30E) on atteint le vaisseau et que le sang ne sort pas, cela crée un gonflement dans la région de l’aine (腫鼠? zhong shubu). »


- V-1 (2) : « Les interdictions de la puncture et de la moxibustion »
« Sont formellement interdits à la moxibustion* les [points] : Tou wei (8E), Cheng guang (6V), Nao hu (17VG), Feng fu (16VG), Yin men (15VG) [la moxibustion rend le patient muet], Xia guan (7E) […] s’il y a du cérumen (gandi) dans l’oreille, Er men (21TR) […] s’il y a du pus dans l’oreille, Ren ying (9E), Si zhu kong (23TR) [si par malheur on fait des moxas, les eux rapetissent ou bien le patient devient aveugle], Cheng qi (1E), Ji zhong (6VG) [si on fait des moxas le patient devient bossu], Bai huan shu (30V), Ru zhong (17E), Shi men (5VC) chez la femme, Qi jie (30E) [si par malheur on fait des moxas on provoque de la dyspnée], Yuan ye (22VB) [si par malheur on fait des moxas on provoque des tuméfactions phagédéniques], Jing qu (8P) [blesse l’esprit du patient], Jiu wei (15VC), Yin shi (33E), Yang guan (3VG), Tian fu (3P) [provoque un reflux respiratoire chez le patient], Fu tu (32E), Di wu hui (42VB) [provoque de la maigreur chez le patient, Qi mai (18TR). Tels sont les points interdits à la moxibustion. »
* La traduction mot à mot de C. Minsky dit : le point Tou wei (8E) est formellement interdit à la moxibustion. Le point Nao hu (17VG) est formellement interdit à la moxibustion, … Par soucis de simplicité, la formulation a été modifiée dans ce travail.

VIII-1 (1) : « La transmission des maladies dans les cinq organes et les accès de frissons et de fièvre » / SW60 : « Discussion sur les creux osseux »
灸寒熱之法先取項大椎以年為壯數,次灸撅骨以年為壯數,視背陷者灸之,舉臂肩上陷者灸之,兩季脅之間灸之,外踝上骨之端灸之,足小指、次指之間灸之, 上陷脈灸之,外踝後灸之,缺盆骨上切之堅動如筋者灸之,膺中陷骨間灸之,掌束骨下灸之,臍下關元三寸灸之,毛際動脈灸之,臍下二寸分間灸之,足陽明跗上動脈灸之,上一灸之,取犬所嚙處灸
« La méthode de la moxibustion dans les frissons et la fièvre [est la suivante] : d’abord, on traite le [point] Da zhui (14VG) à la nuque, avec le nombre de cônes en fonction de l’âge ; ensuite, on fait des moxas au coccyx (橛骨 juegu)1 avec un nombre de cônes en fonction de l’âge ; on observe les points shu du dos (背俞 beishu) qui sont affaissés et on leur fait des moxas2 ; on lève le bras pour faire [apparaître] un creux sur l’épaule et on y fait des moxas [Jian yu (15GI) selon Leijing et les autres commentaires] ; on fait des moxas entre les deux côtes flottantes [Jing men (25VB) selon Leijing]* ; on fait des moxas à l’extrémité de la partie inférieure du péroné, au-dessus de la malléole externe [Yang fu (38VB) selon Leijing] ; on fait des moxas entre le 4ème et le 5ème orteil [Xia xi (43VB) selon Leijing] ; on fait des moxas sur le vaisseau affaissé au-dessous du mollet [Cheng shan (57V) selon Leijing]** ; on fait des moxas en arrière de la malléole externe [Kun lun (60V) selon Leijing] ; on palpe au-dessus de la clavicule, [il y a quelque chose de] dur qui bouge comme un tendon et on y fait des moxas [selon les commentaires anciens, il ne s’agit pas d’un point d’acupuncture mais d’un amas qu’il faut moxibuster là où il se trouve] ; on fait des moxas dans le creux entre les os au milieu de la poitrine [Tian tu (22VC) selon Leijing] ; on fait des moxas sous l’os du carpe au-dessus de la paume de la main [Yang chi (4TR) selon Leijing et Wang Bing ; Da ling (7MC) selon Suwen zhijie ; Yin xi (6C) selon Wu Kun] ; on fait des moxas au [point] Guan yuan (4VC) à trois distances au-dessous du nombril ; on fait des moxas sur l’artère (動脈 dongmai) à la frontière supérieure des poils du pubis [Qi chong (30E) selon Leijing] ; on fait des moxas à l’interstice [situé] à deux distances au-dessous du genou [San li (36E) selon Leijing] ; on fait des moxas [au point du] yangming de pied situé sur l’artère [située] sur le dessus du pied [Chong yang (42E) selon Leijing] ; on fait des moxas au vertex [Bai hui (20VG) selon Leijing] ; on traite par la moxibustion à l’endroit des morsures de chien avec trois cônes selon la méthode de moxibustion des maladies [causées par] les morsures de chien. Au total, il y a 29 localisations auxquelles il convient de faire de la moxibustion3. »
1. Jue gu désigne le coccyx. C’est là où se situe le point Wei lü, autre nom de Chang qiang (1VG).
2. Selon 
Leijing, « Les [points] shu du dos sont tous des points du méridien taiyang de pied. Les endroits affaissés sont ceux où le souffle du méridien est insuffisant, c’est pourquoi il faut faire des moxas ».
3. Selon 
Leijing, on ne compte pas les morsures de chien qui n’ont pas de localisation précise.
* Dans la traduction de NvN, il s’agirait du point Qi men (14F).
** Dans la traduction de Husson, il s’agirait du point Cheng jin (56V).


> FONCTIONS

Chamfrault :

Début du méridien de chongmai.

Soulié de Morant :

Répond dans Tai bai (3Rt).
Point important pour la vitalité générale. Source activant la transformation des aliments et boissons en énergie par l’estomac et la distribution de cette énergie aux douze méridiens par les Trois Réchauffeurs, l’estomac étant la source de tout. Tous les organes producteurs d’énergie sont liés au Qi chong. Commande les trois réchauffeurs dont il est le réservoir d’énergie.
Premier point du chongmai (ligne abdominale des reins ; spasmes ; contractions).
Racine du renmai et du dumai.
Agit sur estomac, trois réchauffeurs, gros intestin, intestin grêle, vessie ; disperse les organes génitaux.

Nguyen van Nghi :

Point de diffusion de l’énergie vers le haut quand 36E est le point de diffusion de l’énergie vers le bas.
Point de réunion avec chongmai.

Auteroche :

Détend le muscle des ancêtres c’est à dire 宗筋 zongjin : 1- Réunion des tendons 2- Organes génitaux mâles.
Disperse les syncopes.
Régularise la chambre du sang. Régularise la matrice.
Métamère L1.

Dacheng :

Point d’émergence du chongmai.

Gérard Guillaume-Mach Chieu :

Harmonise le « Muscle des Ancêtres » (宗筋 zongjin).
Dissipe le froid. Réchauffe le foyer inférieur et l’utérus.

Suwen :

- SW 44 : « Étude sur l'impotence atrophique » (Traduction NvN)
陽明者五臟六腑之海,主潤宗筋,宗筋主束骨而利機關也。沖脈者,經脈之海也,主滲灌溪谷,與陽明合於宗筋,陰陽宗筋之會,合於氣街,而陽明為之長,皆屬於帶脈,而絡於督脈。故陽明虛,則宗筋縱,帶脈不引,故足痿不用也。
« Le yangming est la mer des cinq organes et des six entrailles ; il arrose le zongjin (ensemble des muscles). Le zongjin maintient les os et gouverne la motilité articulaire. Le chongmai est la mer de tous les jingmai (méridiens principaux) qui irriguent tous les xigu (vallons et vallées musculaires). Il est associé au yangming au niveau des zongjin. Les méridiens yin et les méridiens yang s’unissent au zongjin et qijie (30E) maîtrisé par le yangming. L’ensemble est rattaché au daimai (vaisseau ceinture) et au dumai. Quand le yangming est en vide, le zongjin se relâche et le daimai ne peut plus les rassembler. C'est pourquoi les jambes sont paralysées. »


- SW 60 : « Dissertation sur les trous osseux » (Traduction NvN)
沖脈者,起於氣街,並少陰之經,俠臍上行,至胸中而散。
« Le chongmai se manifeste au qijie1. Avec le zu shaoyin, il monte en encadrant l’ombilic et gagne le milieu du thorax où il se répand ».
1. Autre nom du point Qi chong (30E), situé à 5 pouces au-dessous de Tian shu (25E), 2 pouces en dehors de Qu gu (2VC) et 1 pouce au-dessus du pli de l’aine.

- SW 60 : « Dissertation sur les trous osseux » (Traduction NvN)
髓空:在腦後三分,在顱際銳骨之下,一在齦基下;一在項後中復骨下;一在脊骨上空,在風府上。脊骨下空,在尻骨下空;數髓空,在面俠鼻;或骨空在口下,當兩肩。兩髆肩空,在髆中之陽。臂骨空,在臂陽去踝四寸兩骨空門間。股骨上空,在股陽出上膝四寸。骨空,在輔骨之上端。股際骨空,在毛中動下。尻骨空,在髀骨之後,相去四寸。
« Les "trous des moelles" sont répartis dans les régions suivantes1 : un à trois pouces en arrière du cerveau au-dessous de l’os pointu2, un sous le yinji (gencive inférieure)3, un derrière la nuque au rachis cervical4, un au-dessus de Feng fu 16VG)5, un en bas du rachis au trou inférieur du coccyx6, plusieurs à la face et près du nez7, un sous la bouche à hauteur de l’épaule8, deux à la face externe de l’épaule9, Un à la face externe de l’avant-bras à 4 pouces du poignet10, un à la face antéro-externe de la cuisse à 4 pouces au-dessus du genou11, un au condyle externe au-dessus du péroné12, un au fémur dans les poils du pubis sous l’artère13, quatre au sacrum à 4 pouces en arrière de la hanche14. Les moelles osseuses proviennent de l’action d’imprégnation réciproque de l’intérieur et de l’extérieur. Les os plats n’ont pas de cavités médullaires, mais ils possèdent des vaisseaux sanguins qui jouent le rôle d’inhibition ; c'est pourquoi ils n’ont pas de "trous des moelles" ».
1. Les « trous des moelles »portent aussi le nom de « trous osseux ». Ce sont des lieux d’un échange constant entre le xueqi (sang/énergie) de l’extérieur et le jingqi (quintessence énergétique de l’intérieur des os.
2. Il s’agit de Feng fu (16VG) situé au-dessous de la protubérance occipitale (os pointu).
3. Il s’agit de Cheng jian (24VC) au milieu du sillon mento-labial. 
Zhang Jing Yue précise : « Le milieu de la gencive supérieure est le précise : « Le milieu de la gencive supérieure est le Yin jiao (28VG). Par conséquent, le milieu de la gencive inférieure est le yinji, et sous le yinji se trouve le trou osseux du menton, lieu du point Cheng jian (24VC) ».
4. Il s’agit de Ya men (15VG) entre les première et deuxième vertèbres cervicales, à 0,5 pouces au-dessous de Feng fu (16VG).
5. Il s’agit de Nao hu (17VG) à 1,5 pouces de Feng fu (16VG). C’est le point de réunion/rencontre de 
zu taiyang (V) et de dumai (VG).
6. Il s’agit de Chang qiang (1VG) situé à mi-distance de la pointe du coccyx et de l’anus. C’est le point luo du dumai.
7. 
Zhang Jing Yue spécifie : « Les trous des moelles de la face sont nombreux tels Cheng qi (1E) et Ju liao (3E) du zu yangming, Jing ming (1V) du zu taiyang, Si zhu kong (23TR) du shou shaoyang, Tong zi liao (1VB) et Ting hui (2VB) du zu shaoyang et Ying xiang (20GI) du shou yangming ».
8. Il s’agit de Da ying (5E) du 
zu yangming.
9. Il s’agit de Ju gu (16GI) et de Jian yu (15GI) du 
shou yangming.
10. Il s’agit de San yang luo (8TR) à 4 pouces au-dessus du poignet. C’est le point de croisement des anastomoses énergétiques des trois 
yang.
11. Ce trou des moelles reçoit des anastomoses de Fu tu (32E) et de Yin shi (33E).
12. Il s’agit de Du bi (35E) situé sous la rotule sur le tibia, dans un creux, à l’endroit où le grand ligament prend la forme d’un museau de buffle. D’après 
Yang Chi Chou, ce point traite la gonalgie avec limitation des mouvements.
13. Il s’agit de Qi chong (30E) situé à 1 pouce au-dessous de Gui lai (29E) et à 2 pouces en dehors de la ligne médiane antérieure, sur l’artère crurale. C’est le point de réunion/rencontre de 
zu yangming et de chongmai.
14. Il s’agit de Shang liao (31V), Ci liao (32V), Zhong liao (33V) et Xia liao (34V), soit 8 points portant le nom de 
baliao.

- SW 61 : « Les points des eaux et des chaleurs »
帝曰:水俞五十七處者,是何主也?岐伯曰:腎俞五十七穴,積陰之所聚也,水所從出入也。尻上五行行五者,此腎俞。故水病下為胕腫、大腹,上為喘呼、不得臥者,標本俱病,故肺為喘呼,腎為水腫,肺為逆不得臥,分為相輸俱受者,水氣之所留也。伏菟上各二行,行五者,此腎之街也。三陰之所交結於腳也。踝上各一行,行六者,此腎脈之下行也,名曰太沖。凡五十七穴者,皆臟之陰絡,水之所客也。
« Huangdi : De quel domaine sont les 57 points de l’eau ? 
Qibo : Les 57 shu du rein sont les points de concentration du yin et auxquels obéissent les échanges liquides. Les shu du rein sont cinq rangées de cinq au-dessus du sacrum (1, 2, 4, 5, 6VG – 25, 27, 28, 29, 30V – 50, 51, 52, 53, 54V)1. La maladie d’eau se manifeste en bas par des oedèmes et un gros ventre, en haut par de la dyspnée. Si le décubitus est intolérable, c’est que l’atteinte porte à la fois sur les branches et sur le tronc. Le poumon fait la dyspnée, le rein fait les oedèmes, l’impossibilité de décubitus vient du reflux de qi dans le poumon. D’autres points se distinguent par leurs emplacements, mais ils concourent avec les précédents à la rétention du qi et de l’eau2. Il y a deux rangées de cinq au-dessus du "lapin embusqué" (face antérieure de la cuisse), ce sont les "rues" du rein (11, 12, 13, 14, 15Rn – 26, 27, 28, 29, 30E). Au croisement des trois vaisseaux yin au-dessus de la cheville, il y a une rangée de six points qui constitue le cours inférieur du vaisseau du rein (4, 6, 7, 8, 9, 10Rn) ; on le nomme le "grand carrefour" (taichong). Soit en tout 57 fosses qui sont les liaisons yin des viscères et où l’eau trouve asile ».
1. Note personnelle : Le commentaire de la traduction de NvN donne comme points des eaux sur dumai les 2, 3, 4, 5 et 6VG, 3VG venant donc remplacer 1VG. Cette position est parfaitement logique puisque la version de NvN donne « 5 rangées de 5 points au-dessus du coccyx », alors que celle de Husson ne l’est pas puisqu’il donne « 5 rangées de 5 points au-dessus du sacrum » et qu’en conséquence, 1VG et 2VG ne sauraient en faire partie.
2. NvN présente différemment cette proposition : « De ce fait, l’atteinte concomitante du poumon et du rein a pour conséquence une rétention d’eau et d’énergie ». Il propose également un commentaire de 
Zhang Jing Yue qui reste aussi obscur quant au rôle de ces points shu du rein : « L’eau a la possibilité d’activer la circulation des énergies et de répondre aux points shu pour déclencher la maladie. La maladie d’eau influe sur l’énergie et la maladie de l’énergie sur l’eau pour provoquer une rétention d’énergie et d’eau, responsable de la maladie ».

Lingshu :

- LS 33 : « Discussion sur les mers » / Jiayi jing I-8 : « Les quatre mers »
人有四海,十二經水者皆注於海。有髓海,有血海,有氣海,有水穀之海1胃者水谷之海,其輸上在氣街(衝),下至三里;衝脈者,為十二經之海,其輸上在於大杼,下出於巨虛之上下廉;膻中者,為氣之海,其輸上在於柱骨之上下,前在於人迎,腦為髓之海,其輸上在於其蓋,下在風府。
« L’homme a quatre mers. Les douze cours d’eau se déversent dans les quatre mers. Il y a la mer des moelles, la mer du sang, la mer du souffle, la mer de l’eau et des céréales1. L’estomac, c’est la mer de l’eau et des céréales, son point en haut c’est Qi jie (30E), en bas c’est San li (36E). Le chongmai, c’est la mer des douze méridiens, son point (輸 shu) en haut c’est Da zhu (11V), en bas ces points (輸 shu) sortent à Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E). Le milieu de la poitrine (膻中 tanzhong)2, c’est la mer des souffles, ses points (輸 shu) en haut sont au-dessus et au-dessous de la septième vertèbre cervicale (柱骨 zhugu)3, en avant c’est Ren ying (9E). Le cerveau, c’est la mer des moelles, son point (輸 shu) en haut se situe au vertex (蓋 gai)4, en bas c’est Feng fu (16VG). »
1. Ce passage ne provient pas du Lingshu mais du Jiayi jing.
2. C’est aussi le nom du point 17VC.
3. D’après le commentaire chinois, il s’agit des points Da zhui (14VG) et Ya men (15VG).
4. C’est le point Bai hui (20VG)


- LS 38 : « Le juste et le faux [dans la thérapeutique] et la constitution physique [du patient] » / Jiayi jing II-2 : « Les huit méridiens extraordinaires »
黃帝曰:少陰之脈獨下行,何也?岐伯曰:不然,夫沖脈者,五臟六腑之海也,五臟六腑皆稟焉。其上者,出于頏顙,滲諸陽,灌諸精;其下者,注少陰之大絡,出于氣街。。。
« Huangdi demanda : Pourquoi seul le vaisseau du shaoyin circule t-il vers le bas ?
Qibo répondit : Il n’en est pas ainsi. C’est le chongmai qui est la mer des cinq organes et des six entrailles ; les cinq organes et les six entrailles en sont tous tributaires (稟 bing). Sa [branche] supérieure sort aux choanes (頏顙 hangsang), irrigue les [méridiens] yang et les imbibe d’essence. Sa [branche] inférieure se déverse dans le grand luo du shaoyin1, sort au Qi chong (30E), … »
1. D’après le commentaire du Lingshu zhuzheng fawei, le grand luo du méridien du rein s’appelle dazhong. C’est le nom du [point] luo du shaoyin de pied, le 4Rn.

- LS 52 : « Le souffle défensif » / Jiayi jing II-4 : « La cime et le tronc d’enracinement des douze méridiens »
知六腑之氣街者,能知解結契紹於門戶
« Celui qui connaît le carrefour des souffles (氣街 qijie)1 des six entrailles2 sait délier les nœuds aux points stratégiques3. »
1. 氣街 qijie désigne les points de liaison des méridiens et des luo qui se situent à la tête, à la poitrine, au ventre et aux jambes. Qijie désigne aussi la région de l’artère fémorale et est un autre nom du point Qi chong (30E).
2. Le
Jiayi jing dit qu’il y a six méridiens au lieu de six entrailles.
3. Littéralement : « dénouer les nœuds aux portes ». Les portes (門戶
menhu) signifient ici les points stratégiques, c'est-à-dire l’endroit stratégique d’entrée et de sortie des souffles.

- LS 52 : « Le souffle défensif » / Jiayi jing II-4 : « La cime et le tronc d’enracinement des douze méridiens »
請言氣街 [] 故氣在頭者,止之於腦;氣在胸者,止之膺與背腧;氣在腹者,止之背腧,與沖脈於臍左右之動脈者;氣在脛者,止之於氣街,與承山踝上以下。取此者,用毫針,必先按而在久應於手,乃刺而予之。所治者,頭痛眩,腹痛中滿暴脹,及有新。痛可移者,易已也;積不痛,難已也。
À propos du « carrefour des souffles (氣街 qìjiē)1 […] Quand le souffle est à la tête, il loge (止 zhi)2 au cerveau3 ; quand le souffle est dans le thorax (胸 xiong) il loge des deux côtés de la poitrine (應 ying) et aux [points] shu du dos4 ; quand le souffle est dans le ventre, il loge aux [points] shu du dos ainsi que dans le chōngmài et dans les artères à gauche et à droite du nombril5 ; quand le souffle est dans les jambes, il loge au [point] Qì jiē (30E), au [point] Chéng shān (57V) ainsi qu’au-dessus de la cheville6. Si l’on choisit [de traiter] cela, il faut employer des aiguilles fines (毫針 haozhen) ; on doit d’abord presser, attendre longtemps [le souffle] et seulement quand il répond sous la main on puncture afin de traiter7. On traite [ainsi] les céphalées, les étourdissements et les syncopes, les douleurs au ventre, les plénitudes abdominales, les ballonnements soudains ainsi que les amas récents. Ceux qui font mal et qui bougent sont faciles à guérir. Les amas qui ne sont pas douloureux sont difficiles à guérir. »
1. Qìjiē désigne les points de liaison des méridiens et des luò qui se situent à la tête, à la poitrine, au ventre et aux jambes. Qìjiē désigne aussi la région de l’artère fémorale et est un autre nom du point Qì chōng (30E).
2. Il y a différentes interprétations de cette phrase. Certains l’interprètent comme : « pour traiter on choisit… », d’autres comme : « le souffle se rassemble à… ».
3. Le commentaire du
Taisu dit : « Le cerveau, c’est le carrefour des souffles de la tête, c’est pourquoi quand le souffle est la tête, il s’arrête à Bai hui (20VG) ». Le Leijing dit : « Toutes les moelles dépendent du cerveau, et celui qui agit en tant que rassemblement le plus élevé des souffles, c’est le carrefour des souffles de la tête ».
4. Le
Leijing commente : « Les deux côtés de la poitrine s’appellent ying ; quand le souffle est dans la partie antérieure de la poitrine, il demeure dans les deux côtés de la poitrine (應 ying) : il s’agit d’une partie des méridiens yángmíng et shàoyīn. Quand il est dans la partie postérieure de la poitrine, il est aux [points] shu du dos. Il s’agit des points shu des organes du méridien taiyang de pied au-dessus de la 11ème vertèbre [dorsale] et du diaphragme ; ils sont tous le carrefour des souffles de la poitrine ».
5. Le
Leijing dit : « Ce que l’on appelle les [points] shu du dos, ce sont pour le ventre tous les [points] d’organe du méridien taiyang au-dessous de la 11ème vertèbre [dorsale] et du diaphragme. Quant à ce qui circule dans la partie antérieure, ce sont les méridiens chongmai et shàoyīn, qui circulent ensemble au ventre, et l’artère des deux côtés du nombril ; c’est à dire aux [points] Huang shu (16Rn), Tian shu (25E), etc. Ils sont au carrefour des souffles du ventre ».
6. Le
Leijing commente : « Ce que l’on appelle qìjiē, c’est un [point] du méridien yangming de pied, c’est à dire le point Qì jiē (30E). Cheng shan (57V), c’est un point du méridien taiyang de pied, il se situe au-dessus et au-dessous de la cheville ; ils sont tous également le carrefour des souffles du pied ».
7. Le
Taisu dit : « Les méthodes de puncture du carrefour des souffles consistent toutes à appuyer longtemps pour savoir si les souffles "répondent à la main" soit par le [déclenchement] d’une douleur sous la main soit par le battement d’un vaisseau sous la main. Ensuite, il faut procéder à une tonification ou à une dispersion des souffles ».
La traduction de Chamfrault diffère ! :
« Quand les méridiens des membres inférieurs sont en vide, le malade a la sensation de jambes glacées ; s’ils sont en plénitude, il a la sensation de chaleur dans les membres inférieurs. Quand les méridiens situés en haut du corps sont en vide, le malade a des vertiges ; s’ils sont en plénitude le malade a la sensation de chaleur dans le haut du corps qui est douloureux. S’il y a plénitude en haut, il faut puncturer de telle sorte qu’elle ne puisse descendre vers le bas. Si elle est en bas, il faut puncturer de telle sorte qu’elle ne puisse monter vers le haut. S’il y a vide, il faut, dans le haut ou dans le bas, y attirer l’énergie pour rétablir l’équilibre. Il existe quatre régions principales où s’effectuent les ramifications des méridiens : à la poitrine, au ventre, à la tête et au mollet où il faut puncturer les points Cheng jin (56V), Cheng shan (57V) et Fei yang (58V) avec l’aiguille n°7 après avoir appuyé longtemps sur le point avec le doigt. »

- LS 62 : « Les points pulsatiles » / Jiayi jing II-1 (2) : « Les douze méridiens, les luo et les branches distinctes »
黃帝曰:足少陰何因而動?岐伯曰:沖脈者,十二經之海也,與少陰之大絡,起於腎下,出於氣街 []
« Huangdi demanda : Pourquoi le shaoyin de pied bat-il ?
Qibo répondit : Le chongmai est la mer des douze méridiens (經脈 jingmai). Avec le grand luo de shaoyin il commence au-dessous des reins, sort au carrefour des souffles ((氣街 qijie)1, … »
1. Le carrefour des souffles (揭街 qijie) indique la région de l’aine et c’est aussi un autre nom du point Qi chong (30E).


LS 75 : « Des méthodes de puncture du [souffle] véritable et du [souffle] pervers » / Jiayi jing VII-3 : « Apparition d’un jue chaud par dépérissement du yin et apparition d’un jue froid par dépérissement du yang »
用針之類,在於調氣,氣積於胃,以通營衛,各行其道。宗氣留於海,其下者,注於氣街,其上者,走於息道。故厥在於足,宗氣不下,脈中之血,凝而留止,弗之火調,弗能取之。
« Tout emploi des aiguilles consiste à l’harmonisation du souffle. Le souffle s’accumule dans l’estomac et fait communiquer [les souffles] défensif et nourricier, chacun circulant selon sa [propre] voie. Le souffle général (宗氣 zōngqì) reste [et s’accumule]* dans les mers. À sa partie inférieure, il se déverse au carrefour des souffles (氣街qìjiē)1. À sa partie supérieure, il se déverse dans les voies respiratoires2. C’est pourquoi, lorsque le jue est dans les pieds, le souffle général (宗氣 zongqi) ne descend pas, le sang dans les vaisseaux se solidifie et y reste. Si l’on harmonise pas par le feu, les aiguilles ne peuvent pas le traiter. »
1. Qijie est aussi un des noms du point Qi chong (30E).
2. Le 
Leijing dit : « Tout emploi des aiguilles consiste obligatoirement à harmoniser le souffle. L’homme reçoit le souffle des céréales, c'est pourquoi le souffle s’accumule dans l’estomac. Cependant, le [mot] souffle a trois significations que l’on désigne par souffle défensif, souffle nourricier et souffle général. Le clair, c’est le nourricier et il se situe dans les vaisseaux ; le trouble, c’est le défensif et il se situe en dehors des vaisseaux, c'est pourquoi chacun circule selon sa voie. Le souffle général (宗氣 zongqi), c’est le grand souffle. Le grand souffle reste dans les mers supérieure et inférieure du souffle. À sa [partie] inférieure, il s’amasse dans le champ de cinabre (丹田 dantian), se déverse au point Qi jie du yangming de pied et descend au pied. À sa partie supérieure, il s’accumule dans le thorax, sort dans les voies respiratoires et fait la respiration. Ces trois [sortes de souffle] s’appellent tous souffle ; il faut rechercher de quoi dépend chacun d’eux et les harmoniser [en conséquence] ». Signalons qu’ordinairement, c’est le souffle défensif qui est clair et le souffle nourricier qui est trouble.
* Rajouté d'après le Jaiyi jing.

Jiayi jing :

- II-2 : « Les huit méridiens extraordinaires »
衝脈者,起於氣衝,並少陰之經俠臍上行,至胸中而散
« Le chongmai1 part de Qi chong (30E), rejoint le méridien du shaoyin2, monte des deux côtés du nombril et se disperse en arrivant au milieu de la poitrine. »
1. À la 28ème difficulté du Nan jing, le commentaire de Yang Xuancao dit : « Le caractère chong veut dire communiquer (通 tong). Cela signifie que ce vaisseau qui descend jusqu’au pied et monte jusqu’à la tête communique et reçoit le souffle et le sang des douze méridiens, c’est pourquoi on l’appelle chong ».
2. Le commentaire de Yu Chu à la 28ème difficulté du Nanjing dit : « Le Suwen dit : "rejoint le méridien du shaoyin de pied" mais le Nanjing dit : "rejoint le méridien du yangming de pied" ; de plus, le méridien du shaoyin [passe] à deux pouces (cun) à gauche et à droite de chaque côté du nombril, le méridien de yangming [passe] à deux pouces (cun) à gauche et à droite de chaque côté du nombril ; en outre, qi chong est le lieu d’où part le méridien yangming ; à partir de là, on voit clairement que le chongmai en partant de qi chong monte des deux côtés du nombril à l’intérieur des méridiens yangming et shaoyin ; en général, dumai, renmai et chongmai partent tous les trois ensemble du [point] Hui yin (1VC), c’est un seul vaisseau (脈 mai) qui se sépare en trois ramifications, elles circulent dans différentes parties yin et yang c’est pourquoi leurs noms sont différents. Le Leijing dit : « Le chongmai part du Qi jie (autre nom de Qi chong 30E), rejoint le méridien shaoyin de pied pour s’unir à onze points dont Heng gu (11Rn), Da he (12Rn), … Il monte des deux côtés du nombril et se disperse en arrivant au milieu de la poitrine, telle est indiquée la branche antérieure du chongmai. Cependant, le méridien shaoyin monte par le côté postéro-interne de la cuisse, enfile la colonne vertébrale et va établir une relation de dépendance avec le rein ; le chongmai entre également à l’intérieur de la colonne vertébrale, tel est son trajet profond, mais la branche postérieure doit indubitablement rejoindre le méridien shaoyin ».


- III-21 : « Les vingt quatre points de l’abdomen qui [descendent] à partir du [point] Bu rong (19E), [situé] latéralement à 1,5 pouce de chaque [point] You men (21Rn), jusqu’au [point] Qi chong (30E) »
足陽明脈氣所發。
« Le souffle du méridien yangming de pied s’y déploie. »

- VII-3 : « Apparition d’un jue chaud par dépérissement du yin et apparition d’un jue froid par dépérissement du yang »
厥陰者,眾筋之所聚(素問作前陰者宗筋之所聚),太陰、陽明之所合。
« Le jueyin est le lieu de la réunion (聚 ju) de tous les tendons [Le Suwen écrit : les organes génitaux externes (前陰 qianyin) sont le lieu de réunion, de rassemblement des tendons (宗筋 zongjin)]1 auquel se joignent le taiyin et le yangming2. »
1. Le commentaire de la présente édition fait remarquer que le méridien jueyin de pied entoure les organes génitaux externes (前陰 qianyin). Les vaisseaux tendineux des trois yin de pied, du yangming, du shaoyang, ainsi que le chongmai, le renmai, le dumai et le qiaomai se réunissent tous à cet endroit.
2. Le
Leijing note que seule la réunion du taiyin et du yangming est mentionnée parce qu’ils appartiennent aux viscères en relation avec les eaux et les céréales. L’estomac est la mer des eaux et des céréales, du souffle et du sang ; il a la charge d’humidifier le rassemblement des tendons (宗筋 zongjin) et le point Qi jie (30E) est le point de rencontre de l’ensemble des tendons, le yangming en étant le supérieur.

- X-4 : « Les [maladies] wei provoquées par la chaleur qui est dans les cinq organes »
治痿者獨取陽明,何謂也?曰陽明者,五臟六腑之海,主潤宗筋。宗筋者,主束骨而利機關。衝脈者,經脈之海,主滲灌溪谷,與陽明合於宗筋。陰陽總宗筋之會,會於氣衝,而陽明為之長,皆屬於帶脈,而絡於督脈。故陽明虛則宗筋縱,帶脈不引,故足痿不用。
« [Huangdi] demanda : pourquoi dit-on que pour soigner les wei on traite seulement le yangming ?
[Qibo] répondit : Le yangming, c’est la mer des cinq organes et des six entrailles, il régit et imprègne la convergence des tendons (宗筋 zongjin). La convergence des tendons (宗筋 zongjin) régit l’attachement des os et facilite le jeu des articulations1. Le chongmai, c’est la mer des méridiens (經脈 jingmai) ; il régit l’infiltration et l’irrigation des torrents et des ravins (谿谷 xigu) et s’unit avec le yangming à la convergence des tendons. [Un] yin et [un] yang commandent l’ensemble des réunions à la convergence des tendons. Ces réunions [se font] au [point] Qi chong (30E) et le yangming en est le supérieur. Toutes ces réunions dépendent (屬 shu) du daimai et sont liées au dumai2 ; c’est pourquoi, si le yangming est vide, la convergence des tendons se relâche et le daimai ne tire plus, c’est pourquoi il y a un wei des pieds (足痿 zuwei) qui ne fonctionnent plus ».
1. Il s’agit des grandes articulations. Le Leijing dit : « Yangming c’est le méridien de l’estomac ; il régit la réception des eaux et des céréales, les transforment en souffle et en sang afin de nourrir la superficie et la profondeur. C’est pourquoi il est la mer des cinq organes et des six entrailles et imprègne vers le bas la convergence des tendons (宗筋 zongjin) ; ce sont les tendons qui s’assemblent aux organes génitaux externes (前陰 qianyin) et c’est la rencontre (會 hui) de tous les tendons. Tous les tendons du rachis et des lombes [ou des vertèbres lombaires], des torrents et des ravins dépendent de lui. C’est pourquoi il régit l’attachement des os et facilite le jeu des articulations ».
2. Le
Leijing dit : « La convergence des tendons s’assemble aux organes génitaux externes (前陰 qianyin). Ces derniers sont le point de rencontre de neuf vaisseaux [à savoir] les trois yin de pied, les yangming et le shaoyang [de pied], le chongmai, le renmai, le dumai et le qiaomai. Parmi ces neuf, le yangming est la mer des cinq organes et des six entrailles, et le chongmai est la mer des méridiens. Ces [deux derniers], l’un yin l’autre yang, commandent tout ensemble, c’est pourquoi on dit : "[Un] yin et [un] yang commandent l’ensemble des réunions à la convergence des tendons". [Ces] réunions [se font] au [point] Qi jie (30E) [Le Jiayi Jing dit Qi chong], car qijie est un [point] du méridien principal yangming. C’est pourquoi le yangming seul en est le supérieur. Le daimai commence aux hypochondres et fait le tour du corps. Le dumai commence au périnée d’où partent trois branches qui sont [outre le dumai] le renmai et le chongmai. Elles montent le long de l’abdomen et du dos. C’est pourquoi tous ces méridiens dépendent du daimai et se lient au dumai.
Traduction de Chamfrault : « Le yángmíng est "l’océan des cinq viscères et des six réceptacles", il préside au fonctionnement du zong jin qui gouverne la cohésion des os et des articulations. Le chongmai, qui est "l’océan des méridiens", préside au déversement des humeurs dans les confluents des vallées (ji gu) ; il est associé au yangming par le zongjin1. Les parties haute (yang) et basse (yin) du zongjin se réunissent au point Qi chong (30E) (parfois appelé Qi jie), point majeur du de l’estomac qu’il rattache au "vaisseau de ceinture" (daimai) en relation avec le vaisseau gouverneur (dumai). Quand le yangming est vide, le zongjin se relâche et le daimai ne tire plus , les jambes deviennent atrophiques et impotentes ».
1. D’après Husson, zong jin est un "muscle" vertical partant du pubis. D’une part il encadre l’ombilic entre les deux chongmai et les deux vaisseaux de l’estomac, d’autre part, il descend au travers du sacrum pour remonter à l’intérieur du rachis.

Jean Marc Kespi :

« Acupuncture »
Nous sommes ici dans une dialectique de mutation. Yangming est la première transformation yang, le premier état yang, la mise en route des mutations yang qui seront ensuite shaoyang et taiyang.
Le 30 ZYgM/E gouverne la mise en route des transformations nutritionnelles yang de l’organisme. Aussi est-il le "début du méridien chongmai" chargé de l’organisation des mutations de l’homme. Aussi est-il, avec le 36 ZYgM/E (point he), la "mer des céréales". SdM résume parfaitement les fonctions du 30 ZYgM/E (cf).
Compte tenu de son importance dans l’élaboration et la distribution de l’énergie et du sang, on comprend son abondante symptomatologie, en particulier au niveau de l’appareil génital. Il faut donc le puncturer pour accélérer les mutations alimentaires (mais aussi affectives et intellectuelles) ainsi que la distribution de l’énergie et du sang.

Jean Marc Eyssalet :

« Montée des nuages, descente des pluies », p 308-9 (Guy Trédaniel 1998)
« 30E, Qi jie, Rue de l’énergie, est un des lieux énergétiques les plus importants du corps tout entier et il constitue un pont entre les Énergies innées (celles de chōngmò), et les Énergies acquises (celles de l’estomac) (Suwen). Ce points qui irrigue le périnée antérieur et la région sexuelle, représente un lieu d’association naturelle entre la « Mer de l’Ouest » ou « Mer des Nourritures » que représente l’estomac, et la « Mer de l’Est » ou « Mer du Sang », voire « des méridiens », que représente le chōngmò (Lingshu 33).
Le chōngmò, porteur d’énergie pulsionnelle et défensive (wèiqì), dispensateur de liquides organiques et d’Énergie ancestrale vers l’ensemble du corps à partir du petit bassin représente l’inné qui se tourne vers l’acquis. Le yángmíng, essentiellement l’estomac et son méridien, porteur d’Énergie nourricière et de sang enrichi par les saveurs, représente l’acquis qui se tourne vers l’inné. Qì jiē (30E), leur point de croisement et de jonction, représente le « palais », 府 , ou lieu de passage et d’échange de la main à la main 付, entre les Énergies ancestrales conditionnantes mais qui se remettent en jeu et les Énergies tirées de l’environnement, mises à la disposition des précédentes et susceptibles de participer à l’évolution de l’être et de sa personne […] Sur un plan pratique, le 30E est un point important dans les articulations du Souffle. Dans la position assise, jambes croisées, en particulier dans la position dite du lotus, il est indirectement mis en tension par la position des pieds sur les cuisses. Il effectue alors simultanément une mobilisation des Énergies de la base (Foyer inférieur) associée à celles des Énergies de la verticalité (chōngmò) ».


« Emergence et immersion du souffle et du désir », p 252 (Guy Trédaniel 2006)
« Les reins font ascensionner le message du "vouloir et pouvoir vivre", le zhi  par le canal du "Vaisseau d'assaut", le chōngmò ; la rate fait descendre les bienfaits du yi 意, par le yangming sous la forme d'un humidité nourrissante (nao ze 淖澤 "eau du marais", Lingshu 30). Le 30E ou Qi jie devient alors un lieu de rassemblement naturel du chi et du yi (chōngmò et yangming en représentent les émissaires et les prolongement actifs) ».

Nan jing :

Difficulté 18
衝脈者,起於氣衝,並足陽明之經,夾臍上行,至胸中而散也。
« Le chongmai débute au point Qi chong (30E), rejoint le méridien zu yangming, passe au dessus du nombril, arrive au centre de la poitrine et s'y ramifie. »


> SYMPTOMATOLOGIE

Signes généraux

Chamfrault/Pékin/Duron-Borsarello/Nguyen van Nghi/Dacheng/Roustan :

Hernie.

Soulié de Morant :

Perte de vitalité générale.

Chamfrault :

Fièvre. Énergie qui remonte vers le haut du corps.

Dacheng :

Hypotonie du yin.
Maladie du shanghan avec sensation de chaleur de l’estomac.
Impossibilité de s’allonger sur le dos.

Sun Simiao :

Agitation. Chaleur généralisée. Faiblesse générale. Insomnie.
Douleur et gonflement de la face.

Psychisme

Soulié de Morant :

Fureur de n’avoir pas d’enfants (chez la femme).

Sun Simiao :

Agitation.

Cardiovasculaire

Chamfrault :

Énergie qui assaille le coeur empêchant de respirer. Plénitude du ventre et du coeur empêchant de se tenir couché.

Dacheng :

Sensation d’air qui remonte au coeur.

Sun Simiao :

Agression du souffle au coeur.

Digestif

Chamfrault :

Yang dans le gros intestin. Ballonnement douloureux empêchant de se coucher sur le dos. Plénitude du ventre et du coeur empêchant de se tenir couché. Impression que l’énergie court dans le bas-ventre (comme un petit cochon). Sensation de chaleur de l’estomac.

Soulié de Morant :

Estomac et intestins : chaleur, fermentation, gaz.

Duron-Borsarello :

Plénitude intestinale. Tous les troubles digestifs.

Nguyen van Nghi :

Douleur abdominale. Hématémèse.

Dacheng :

Plénitude abdominale avec impossibilité de s’allonger sur le dos. Accumulation de chaleur dans le gros intestin, fièvre et douleurs abdominales, ventre dur.
Maladie du
shanghan avec sensation de chaleur de l’estomac.
Douleur de l’intestin grêle chez la femme.

Sun Simiao :

Chaleur dans l’abdomen. Douleurs abdominales. Engorgement et ballonnement abdominal. Engorgement et chaleur dans l'abdomen. Souffle important dans l’abdomen.

Uro-néphrologie

Soulié de Morant :

Calculs reins ou vessie : urine des pierres ; aide à uriner du sable rouge.
Rétention d'urine : abdomen plein, chaud, ne peut pas uriner.
Urètre : inflammation.

Sun Simiao :

Impossibilité d’uriner. Oligurie. Strangurie.

Andrologie

Chamfrault :

Douleur de la verge. Érection impossible. Impuissance, douleur au scrotum.

Soulié de Morant :

Toutes les affections des organes génitaux de l’homme. Enflures, froid à l’orgasme, …
Érection insuffisante. Érection douloureuse, dormant sur le dos. Douleur du pénis et des deux testicules. Névralgie du cordon spermatique. Douleur des testicules, enflure des testicules, orchite.

Pékin/Roustan :

Affections des organes génitaux.

Roustan :

Douleur des testicules, du pénis.

Duron-Borsarello :

Affections des organes génitaux. Impuissance.

Nguyen van Nghi :

Douleur du pénis, érection impossible.

Dacheng :

Hypotonie du yin, douleur du pénis, rétraction douloureuse des testicules. Impuissance.

Sun Simiao :

Douleurs de l’hypogastre. Douleur des testicules. Douleur du pénis. Impuissance.
Maladie génitale tui (gonflement, induration et douleur des bourses).

Gynécologie

Chamfrault/Soulié de Morant/Duron-Borsarello/Nguyen van Nghi/Dacheng/Roustan :

Stérilité.

Chamfrault :

Yin de l’utérus. Absence de règles. Inflammation des ovaires.

Soulié de Morant :

Toutes les affections des organes génitaux de la femme. Enflures, froid à l’orgasme, …
Stérilité, troubles et fureur de n’avoir pas d’enfants.
Inflammation des ovaires. Règles insuffisantes ou règles ne venant pas. Troubles de l'utérus. Utérus déplacé (surtout latéral).

Pékin/Duron-Borsarello/Roustan :

Affections des organes génitaux.

Nguyen van Nghi :

Règles irrégulières.

Dacheng :

Douleur de l'intestin grêle chez la femme. Stérilité.

Sun Simiao :

Aménorrhée soudaine. Douleurs de l’hypogastre. Dysménorrhée.
Maladie génitale tui (tumeurs génitales).

Sénologie

Sun Simiao :

Allaitement difficile.

Obstétrique

Chamfrault :

Énergie qui remonte à la poitrine chez la femme enceinte. Énergie qui assaille le coeur pendant la grossesse.
Accouchement difficile. Après l’accouchement, placenta qui ne descend pas. Hémorragie après l’accouchement.

Soulié de Morant :

Troubles de la grossesse. « L’enfant assaille le coeur ».
Douleurs d'accouchement. Difficultés à l’accouchement. Commande les contractions de l’utérus quand le moment d’accoucher approche (déclenche le travail). Rétention placentaire.

Dacheng :

Mauvaise accommodation du foetus, accouchement difficile. Rétention placentaire.

Sun Simiao :

Rétention placentaire, les souffles sont désordonnés, l’abdomen douloureux et contracté, la patiente ne peut reprendre sa respiration.

Appareil locomoteur

Chamfrault :

Douleur aux reins violente empêchant de se courber.

Soulié de Morant :

Lombes : douleurs.
Cuisse : douleurs (névralgie crurale), face interne du membre inférieur.

Nguyen van Nghi :

Lombalgie avec impossibilité de se courber.

Dacheng :

Lombalgie avec difficulté à la flexion.

Sun Simiao :

Lombalgie.


> SYMPTOMATOLOGIE DANS LES TEXTES

Lingshu :

- LS 26 : « Maladies diverses » / Jiayi jing IX-7 : « Ballonnements, plénitude abdominale, borborygmes et souffle court provoqués par les maladies qui atteignent la rate, l’estomac et le gros intestin »
腹痛刺臍左右動脈。巳刺安之立巳。不巳刺氣街,按之立已。
« Dans les douleurs abdominales, on puncture les vaisseaux qui battent à droite et à gauche du nombril
1. Après avoir puncturé, on appuie avec la main et [les douleurs] cessent immédiatement. Si elles ne cessent pas, on puncture le [point] Qi jie (30E) et l’on appuie dessus, [les douleurs] cesseront immédiatement. »
1. Le Leijing dit : « les vaisseaux qui battent à droite et à gauche du nombril équivalent aux [points] Huang shu (16Rn) du shaoyin de pied et Tian shu (25E) du yangming de pied. Les douleurs abdominales en relèvent (主 zhu) ».

- LS 33 : « Discussion sur les mers » / Jiayi jing I-8 : « Les quatre mers »
人有四海,十二經水者皆注於海。有髓海,有血海,有氣海,有水穀之海1胃者水谷之海,其輸上在氣街(),下至三里 [] 水穀之海有餘,則腹脹滿;不足則飢不受穀食。
« L’homme a quatre mers. Les douze cours d’eau se déversent dans les quatre mers. Il y a la mer des moelles, la mer du sang, la mer du souffle, la mer de l’eau et des céréales
1. L’estomac, c’est la mer de l’eau et des céréales, son point en haut c’est Qi jie (30E), en bas c’est San li (36E). […] Quand la mer des eaux et des céréales est trop abondante, le ventre est gonflé ; quand la mer des eaux et des céréales est insuffisante, on a faim mais on ne peut manger. »
1. Ce passage provient du Jiayi jing.

- LS 59 : « Anomalies du souffle défensif » / Jiayi jing IX-4 : « Sensation de plénitude et douleurs à la poitrine et aux côtés du thorax causées par la maladie qui atteint le foie et par la stagnation du souffle défensif »
黃帝曰:衛氣之留於腹中,搐積不行,菀蘊不得常所,使人支脅胃中滿,喘呼逆息者,何以去之?伯高曰:其氣積於胸中者,上取之,積於腹中者,下取之,上下皆滿者,旁取之。伯高對曰:積於上,瀉人迎、天突、喉中;積於下者,瀉三里與氣街;上下皆滿者,上下取之,與季脅之下一寸;重者,雞足取之。診視其脈大而弦急,及絕不至者,及腹皮急甚者,不可刺也。
« [Huangdi] demanda : Lorsque le souffle défensif reste dans l’abdomen
1, il s’accumule, ne circule plus, stagne et ne peut [atteindre] ses lieux de prédilection ; cela provoque chez l’homme une sensation de plénitude dans les membres, aux côtés du thorax, à l’estomac2, un halètement sonore et un reflux du souffle. Comment l’élimine t-on ?
[Bogao] répondit : Lorsque le souffle s’accumule dans le thorax, on le traite en haut. Lorsqu’il s’accumule dans l’abdomen, on le traite en bas. Lorsque le haut et le bas sont pleins, on le traite sur les côtés. Lorsque [le souffle] s’accumule en haut, on disperse les [points] Ren ying (9E), Tian tu (22VC) et le milieu du larynx3. Lorsque [le souffle] s’accumule en bas, on disperse les [points] San li (36E) et Qi jie (30E). Lorsque le haut et le bas sont pleins, on traite [tous ces points] du haut et du bas, ainsi que [le point situé à] une distance sous les côtes flottantes4 ; dans les cas graves, on les traite en patte de poule5. Si, à l’examen le pouls est grand (大 da), tendu (弦 xian) et impétueux (急 ji), cessant (絕 jue) et n’arrivant pas, et si la peau de l’abdomen est très tendue, il ne faut pas puncturer. »
1. Le Jiayi jing dit : « dans les vaisseaux». D’après le paragraphe qui suit, les commentateurs supposent que, devant le mot abdomen, le mot thorax a été omis, ce qui donnerait « dans le thorax et l’abdomen ».
2. Le Jiayi jing dit : « une sensation de gonflement aux côtés du thorax, de la plénitude abdominale, … »
3. Le Leijing précise qu’il s’agit du point Lian quan (23VC).
4. Le Leijing précise qu’il s’agit du point Zhang men (13F).
5. D’après le Yixue gangmu, la technique de puncture « en patte de poule » consiste à enfoncer une aiguille tout droit, deux autres obliquement une vers la gauche et la dernière vers la droite.


Dacheng :

D’après Li Dong Yuan : « Vide de rate et de l’estomac avec attaque de l’énergie pathogène externe, humidité ou excès de sudation ; faire saigner San li (36E) et Qi jie (30E) avec une aiguille triangulaire ».

Jiayi jing :

VII-1 (2) : « Atteintes par le froid et maladies fébriles produites par l’affection des six méridiens » / SW 61 : « Les points des eaux et des chaleurs » / LS 23 : « Maladies fébriles »
Selon Lingshu, « ce que l’on appelle les 59 punctures [sont] : sur les côtés interne et externe des deux mains, il y en a trois de chaque [côté], soit [douze] points en tout [c’est à dire Shao shang (11P), Zhong chong (9MC), Shao chong (9C) du côté interne et Shao ze (1IG), Guan chong (1TR), Chang yang (1GI) du côté externe]. Aux intervalles des cinq doigts1, il y en a un à chaque [intervalle], soit huit points en tout [c’est à dire Hou xi (3IG), Zhong zhu (3TR), San jian (3GI), Shao fu (8C)] ; il en est de même aux pieds [c’est à dire Shu gu (65V), Zu lin qi (41VB), Xian gu (43E), Tai bai (3Rt)]. [Au-dessus du front], à 1 pouce à l’intérieur des cheveux, il y en a trois de chaque [côté], soit six [points] en tout [c’est à dire Wu shu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V)]. Plus loin, à trois pouces à l’intérieur des cheveux, il y en a cinq de [chaque] côté, soit dix [points] en tout [c’est à dire Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB), Nao kong (19VB)]. En avant et en arrière de l’oreille, au-dessous de la bouche, il y en a un à chaque endroit qui, avec celui du milieu de la nuque, en fait six en tout [c’est à dire Ting hui (2VB), Wan gu (12VB), Cheng jiang (24VC), Ya men (15VG)]. Il y en a un au vertex [c’est à dire Bai hui (20VG)], un au [point] Xin hui (22VG), un à chaque bord des cheveux [selon Leijing, il s’agit de deux points : l’un au bord des cheveux en avant, c’est à dire Shen ting (24VG) et l’autre en arrière, c’est à dire Feng fu (16VG)], un au point Lian quan (23VC), deux au point Feng chi (20VB) et deux aux [points] Tian zhu (10V) ».
« Le Suwen dit : " Les 59 [points] sont les suivants : cinq points sur [chacune des] cinq lignes de la tête2 pour disperser par le haut le reflux de la chaleur de tous les yang. [Les points] Da zhui (14VG), Ying shu (1P), Que pen (12E), Bei shu (12V)* servent tous les huit à disperser la chaleur du thorax. [Les points] Qi chong (30E), San li (36E), Ju xu shang lian (37E) et Ju xu xia lian (39E) servent tous les huit à disperser la chaleur de l’estomac. [Les points] Yun men (2P), Yu gu (15GI), Wei zhong (40V) et Sui kong (11Rn)** servent tous les huit à disperser la chaleur des quatre membres. Les cinq [points] situés des deux côtés des points shu [du dos] des cinq organes [Po hu (42V), Shen tang (44V), Hun men (47V), Yi shu (49V) et Zhi shi (52V)] servent tous les dix à disperser la chaleur des cinq organes. Ces 59 [points] sont à gauche et à droite [des points importants pour guérir les maladies] fébriles." »
1. Selon le Leijing, il s’agit des points situés en arrière des articulations métacarpo-phalangiennes.
2. Le 
Leijing précise : « les cinq lignes de la tête indiquent les cinq trajets des méridiens, le du mai, les deux tai yang de pied et les deux shao yang de pied. Les cinq points sont respectivement : Shang xing (23VG), Xin hui (22VG), Xian ding (21VG), Bai hui (20VG) et Hou ding (19VG) ; Wu chu (5V), Cheng guan (6V), Tong tian (7V), Luo que (8V) et Yu zhen (9V) ; Lin qi (15VB), Mu chuang (16VB), Zheng ying (17VB), Cheng ling (18VB) et Nao kong (19VB) ; soit 25 points en tout. »
* 背輸 Bei shu est un nom secondaire des points 11V, 12V et 15V. Il s’agit ici du 12V.
** 髓空 Sui kong est un nom secondaire des points 11Rn et 2VG.


VIII-1 (1) : « La transmission des maladies dans les cinq organes et les accès de frissons et de fièvre » / SW60 : « Discussion sur les creux osseux »
灸寒熱之法先取項大椎以年為壯數 […] 毛際動脈灸之 […] 凡當灸二十九處。
« La méthode de la moxibustion dans les frissons et la fièvre [est la suivante] : d’abord, on traite le [point] Da zhui (14VG) à la nuque, avec le nombre de cônes en fonction de l’âge […] On fait des moxas sur l’artère (動脈 dongmai) à la frontière supérieure des poils du pubis1 […] Au total, il y a 29 localisations auxquelles il convient de faire de la moxibustion. »
1. Selon Leijing, il s'agit du point Qi chong (30E).

VIII-4 : « L’hydropisie, le gonflement de la peau, les ballonnements abdominaux, les tuméfactions intestinales et les tumeurs pelviennes »
石水,刺氣衝
« Dans l’hydropisie de pierre (石水 shishui)1, on puncture le [point] Qi chong (30E). »
1. L’hydropisie de pierre est un syndrome dû à la condensation des liquides dans l’hypogastre provoquée par l’atteinte par le froid des reins et du foie. Les symptômes sont : « hypogastre gonflé et dur comme la pierre, douleurs et lourdeurs aux hypochondres, plénitude abdominale sans dyspnée, pouls profond (沉 chen) ».

IX-4 : « Sensation de plénitude et douleurs à la poitrine et aux côtés du thorax causées par la maladie qui atteint le foie et par la stagnation du souffle défensif »
喉痺,胸中暴逆,先取衝脈,後取三里、雲門,皆瀉之。
« Dans le bi du larynx avec reflux subit [du souffle] dans le thorax, on traite d’abord le chongmai1, puis les [points] San li2 et Yun men (2P) en les dispersant. »
1. Il s’agit de traiter le [point] Qi chong (30E)
2. Il s’agit très probablement du point 36E et non du 10GI qui a le même nom.


IX-7 : « Ballonnements, plénitude abdominale, borborygmes et souffle court provoqués par les maladies qui atteignent la rate, l’estomac et le gros intestin »
腹中有大熱不安,腹有大氣如相俠,暴腹脹滿癃,淫濼,氣衝主之。
« La grande chaleur dans l’abdomen [au point de provoquer de] l’inquiétude, le souffle qui reflue dans le ventre, la plénitude et le gonflement abdominal soudains, la rétention d’urine (癃 long), la lassitude et la faiblesse relèvent du [point] Qi chong (30E). »

IX-7 : « Ballonnements, plénitude abdominale, borborygmes et souffle court provoqués par les maladies qui atteignent la rate, l’estomac et le gros intestin »
腹滿痛不得息,正臥屈一膝,伸一股,並刺氣衝,針上入三寸,氣至瀉之。
« Dans la plénitude abdominale avec douleur au [point de] gêner la respiration, [on fait] coucher [le patient] sur le dos, on plie le genou, on étend l’autre jambe et on puncture le [point] Qi chong (30E) en enfonçant l’aiguille à trois distances [de profondeur] vers le haut et en dispersant dès que le souffle arrive. »

IX-8 : « Gonflement abdominal, douleurs lombaires irradiant au dos et douleurs hypogastriques irradiant aux testicules provoqués par les maladies qui atteignent les reins et l’intestin grêle » 
腰痛控睪、小腹及股,卒俯不得仰,刺氣街。
« Dans la lombalgie irradiant aux testicules, à l’hypogastre et aux cuisses, avec impossibilité de se redresser après s’être penché en avant, on puncture le [point] Qi jie (30E). »

IX-11: « Hernie 隤 tui, incontinence ou rétention urinaires provoquées par l’atteinte du méridien (脈 maijueyin de pied ou par la joie et la colère fréquentes »
陰疝痿,莖中痛,兩丸騫,臥不可仰臥,刺氣街主之。
« La hernie yin, la flaccidité (痿 wei) de la verge, le pénis douloureux et les testicules rétractés et douloureux au point que l’on ne peut pas rester couché sur le dos relèvent de la puncture du [point] Qi jie (30E). »

IX-12 : « Hémorroïdes et prolapsus du rectum provoqués dans la partie inférieure du corps par l’atteinte du méridien (脈 mai)taiyang de pied »
肛下,刺氣街主之。
« Le prolapsus du rectum et la diarrhée relèvent du [point] Qi jie (30E). »

XII-10 : « Diverses maladies de la femme »
女子月水不利,或暴閉塞,腹脹滿,癃,淫濼身熱,腹中絞痛, 疝陰腫,及乳難,子搶心,若胞衣不出,眾氣盡亂,腹滿不得反複,正偃臥,屈一膝,伸一膝,並氣衝針上入三寸,氣至瀉之。
« Chez la femme, dans les règles qui viennent difficilement ou l’aménorrhée subite, les gonflements et [la sensation de] plénitude à l’abdomen, l’anurie, la lassitude avec faiblesse, le corps fébrile, les douleurs abdominales violentes à type de torsion, les hernies tui (隤疝 tuishan)1, l’enflure des organes génitaux, les difficultés pour allaiter (乳難 runan), le foetus qui monte assaillir le coeur ou la rétention placentaire (胞衣不出 baoyi bu chu), la perturbation générale de tous les souffles et la plénitude abdominale qui ne permet pas de se retourner ou qui, quand on est allongé sur le dos, oblige [la malade] à plier le genou et à étendre l’autre, [on puncture] pour tous [ces symptômes] le [point] Qi chong (30E) en enfonçant l’aiguille de trois pouces (寸 cun) vers le haut et on disperse dès que le souffle arrive. »
1. Les hernies 隤 tui correspondent à un gonflement du bas-ventre chez la femme dans le cadre de certaines maladies gynécologiques.

XII-10 : « Diverses maladies de la femme »
婦人無子,及少腹痛,刺氣衝主之。
« Dans la stérilité chez la femme avec douleurs hypogastriques, on puncture le [point] Qi chong (30E). »


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